Communaute
14:00 12 juin 2016 | mise à jour le: 12 juin 2016 à 14:00 temps de lecture: 3 minutes

La fin d’une époque pour le brigadier René Paradis

SILLERY. Depuis 13 ans, le brigadier René Paradis, aujourd’hui âgé de 88 ans, aide des dizaines de jeunes à travers la rue en toute sécurité pour se rendre à l’école. Le 21 juin prochain, celui qui construit des monuments réduits dans ses temps libres prendra officiellement sa retraite.

«Je vais m’ennuyer de tout le monde. Ça va faire bizarre, parce que je me levais à 5h30 chaque matin. C’est certain que je vais revenir faire un tour une fois de temps en temps», affirme celui pour qui une blague n’attend pas l’autre.

Lorsqu’il a commencé son service dans le secteur Saint-Louis-de-France, après trois ans dans un autre secteur pas très loin de là, le brigadier a été invité, par la directrice de l’école, à venir se réchauffer à l’intérieur, alors qu’il faisait -25°C. «Elle m’a permis d’entrer me réchauffer. Elle m’a même fourni un petit local qu’ils ont surnommé la Grotte du brigadier. L’école m’a vraiment adopté, autant les jeunes que les enseignants. Je vais laisser beaucoup d’amis ici, j’y ai vécu des moments inoubliables.»

Dans sa vie professionnelle, M. Paradis a porté un très grand nombre de chapeaux. «J’ai travaillé dans une pâtisserie, comme chauffeur de camion, comme cireur de chaussures au Château Frontenac, comme transporteur de bagages, comme fonctionnaire pendant 22 ans et 27 ans à la Société Parc-Auto du Québec, avant de devenir brigadier pendant 13 ans», raconte-t-il.

Un pont sans subvention

Parmi ses nombreux champs d’intérêts, dont le hockey et la musique des années 60 à 80, la construction de monuments sous forme réduite, prend plusieurs heures dans la vie de René Paradis. Dernièrement, il a réalisé une reconstitution du pont de Québec «sans subvention.» «J’ai eu de la misère. Ça m’a pris quatre mois, à temps perdu. Je ne sais pas pourquoi le pont de Québec, mais j’ai taillé tous les morceaux moi-même, en plus de le peinturer. La seule différence, c’est que le mien n’est pas rouillé!»

À l’automne dernier, M. Paradis s’est rendu au conseil municipal, sur invitation du maire Labeaume, pour montrer son pont à lui. Dans la lettre remise au conseil, il invitait l’administration à démarrer la fondation «J’ai mon ampoule», où la population pourrait contribuer au remplacement de l’éclairage de la structure centenaire. Parmi ses souhaits, l’homme de 88 ans songe à peut-être vendre sa construction, «mais pas à n’importe quel prix.»

Son prochain projet, «son projet de retraite» comme il le dit, sera la construction du pont de Londres. Un petit voyage aux États-Unis serait aussi dans les plans.

Québec Hebdo

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