Communaute
16:13 19 avril 2012 | mise à jour le: 19 avril 2012 à 16:13 temps de lecture: 5 minutes

Sabrina Dubé: une survivante, une battante

Dans le cadre du Relais pour la vie 2012, l’Appel a rencontré une jeune fille ambitieuse qui a survécu au cancer. Sabrina Dubé, 17 ans, étudiante au Collège Champigny. Portrait d’une survivante qui est maintenant pleine de vie.

Cela fait pratiquement trois ans que Sabrina Dubé de L’Ancienne-Lorette est en rémission de son cancer des ganglions diagnostiqués au stade 2A. La découverte de ce cancer s’est faite de façon tout à fait anodine. «J’avais eu une grosse grippe qui avait évolué en pneumonie. Question d’usage, j’ai eu à faire des radiographies. C’est là que les médecins ont découvert une masse (7cm x 7cm) entre mes deux poumons, accotée sur le médiastin», relate-t-elle. À ce moment, elle avait 14 ans.

Personne ne sait encore quand cette masse est apparue. Sabrina avait fait ses derniers examens médicaux quatre ans auparavant. Elle pouvait être là depuis trois ans ou encore trois semaines. Afin de faire fondre la masse, les médecins lui prescrivent des médicaments, mais rien ne réussit. Finalement, le 27 novembre 2008, Sabrina, passe sous le bistouri pour qu’une biopsie soit faite. Les plans changent, l’équipe médicale décide faire une chirurgie et la masse est enlevée au complet.

Le 16 décembre le verdict tombe: cancer des ganglions. À quoi a-t-elle pensé en premier? «Est-ce que je vais mourir? Ça me terrifiait de me savoir atteinte du cancer. J’ai immédiatement demandé à mon père de me conduire à l’école pour que j’en discute avec ma meilleure amie.»

En début d’année 2009, la chimiothérapie débute au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). Le cancer ne s’était pas propagé, mais il ne fallait prendre aucune chance. Elle passait plusieurs journées par semaine au Centre mère-enfant du CHUQ: «Par une simple coïncidence, dès ma première journée au CHUQ, j’ai rencontré une fille qui avait le même âge que moi et le même cancer, diagnostiqué au même stade. On s’est rapidement lié d’amitié et on s’est mutuellement supporté jusqu’à la fin. Elle est elle aussi en rémission depuis 3 ans.

Elle a bien entendu subi les effets secondaires de sa chimiothérapie. Maux de ventre, de cœur, étourdissements, et la pire de toutes selon elle? La vincristine, une sorte de chimiothérapie qui lui a donné un mal de mâchoire insupportable. «J’étais obligée de manger avec une paille et je peinais à parler», explique-t-elle. Malheureusement, elle a aussi dû subir la perte complète de ses cheveux.

Une tonne d’appuis

Sabrina Dubé n’a jamais perdu le moral. Dans sa tête et dans la tête de ses amis et membres de la famille, elle s’en sortirait et cela l’a beaucoup aidé. Enfant unique, ses parents n’ont jamais hésité à prendre congé de travail pour elle: «Mon père prenait des congés pour m’accompagner aux nombreux rendez-vous et ma mère me faisait à manger selon mes besoins et mes envies.»

Le Collège Champigny l’a également supporté dans sa bataille: «On a eu une entente avec eux. Ils me savaient bonne élève. Lorsque les examens arrivaient et que je n’étais pas en mesure de répondre à toutes les questions parce que j’étais absente lorsque la matière avait été donnée, je ne perdais pas de points. Ils me savaient sincère. L’école lui a également offert un ourson en peluche aux couleurs du Collège lorsqu’elle était en traitement.

Grande sportive, Sabrina faisait partie de l’équipe benjamine de volley-ball du Collège. Tous les joueurs et entraîneurs des trois équipes (benjamine, cadette et juvénile) lui ont autographié un ballon. De la part de la Fondation rêves d’enfants, elle a, depuis qu’elle est en rémission, un Coton de Tuléar, un chien utilisé pour la zoothérapie. Un chien des plus enjoués qui a su mettre du bonheur dans les moments les plus difficiles de Sabrina et ses parents. Il a d’ailleurs fait honneur à sa réputation lorsqu’il a accueilli le journaliste de l’Appel.

Sabrina Dubé est maintenant porte-parole pour le Défi têtes rasées. Elle fait plusieurs conférences afin de raconter son histoire: «J’ai fait des témoignages à mon école, je raconte mon histoire et j’incite les gens à s’impliquer dans des causes comme les têtes rasées ou le Relais pour la vie. La présence des gens est aussi importante que l’argent qu’ils peuvent donner.

La jeune fille de L’Ancienne-Lorette poursuivra ses études l’an prochain en Soins infirmiers au Collège François-Xavier-Garneau. Elle souhaite ensuite se diriger plus précisément vers l’oncologie. «Il y a tellement de gens qui m’ont aidé dans ma bataille que je veux maintenant faire une différence dans la vie des autres, c’est ma façon de redonner», décrit-elle.

Elle termine d’ailleurs toujours ses conférences et témoignages avec cette phrase qu’elle aime bien: «Inspirez-vous de votre passé pour créer votre futur. Mais n’oubliez pas de profiter du moment présent.»

L’édition 2012 du Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer débutera le 2 juin prochain au Collège Champigny dès 19h. Vous y êtes évidemment tous conviés.

Membre du Groupe Québec Hebdo

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