Communaute
22:10 21 novembre 2013 | mise à jour le: 21 novembre 2013 à 22:10 temps de lecture: 2 minutes

Choc post-traumatique: deux ex casques bleus témoignent

«C’est une maladie mentale invisible et très dévastatrice», décrit l’ex casque bleu Daniel «Fonfon» Lafontaine, à propos du choc post traumatique. Accompagné de son frère d’armes, l’ex-caporal Sylvain Arbour, le sergent retraité a livré son témoignage sur son métier et des conséquences sur sa santé mentale, à l’école primaire des Hauts Clochers de L’Ancienne-Lorette.

«Pendant les guerres de Yougoslavie dans les années 1990, les Serbes nous ont pris en otage. J’ai été pris pendant 31 jours dans une salle grande comme un local de classe, en culottes de guerre. Je suis sortie de l’armée en 2003, mais c’est à partir de 2007 que la maladie mentale s’est développée», a témoigné aux jeunes l’ancien combattant métis.

Daniel Lafontaine et Sylvain Arbour font partie des trois anciens combattants du Projet Mémoire, une nouvelle ressource visant à sensibiliser les jeunes sur les missions de paix que le Canada a menées.

Missions de paix meurtrières

«On parle beaucoup des Première et Deuxième Guerres mondiales et de la guerre de Corée, mais peu des missions de paix. On est comme les enfants oubliés. Mais dans les 61 missions de paix (notamment en Bosnie, Somali et Haïti), il y a eu 243 soldats canadiens morts. C’est autant que l’Afghanistan», souligne M. Arbour.

L’ex-caporal ayant servi pendant plus de 25 ans dans les Forces armées canadiennes, raconte qu’après sa mission en Bosnie, sept mois plus tard, ses cheveux sont passés du noir au blanc.

«J’ai un choc post traumatique avec lequel je dois vivre. Je fais des cauchemars depuis 1993. Ce n’est pas facile, mais en même temps, j’ai de bons souvenirs des missions, comme le fait de voir la joie des enfants qui reçoivent tous mes bonbons et des tablettes de chocolat. Ils avaient tout perdu dans la guerre, et recevoir un tel cadeau a eu une grande valeur pour eux», raconte l’ex-caporal de la nation huronne.

«Il ne faut pas négliger l’impact des missions de paix. La paix n’a pas de prix, mais on peut la mesurer à ses effectifs. Depuis la première mission de paix en 1956 en Égypte, on a envoyé l’équivalent de trois fois notre armée, soit près de 150 000 hommes», résume M. Lafontaine.

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