Société
13:51 28 janvier 2018 | mise à jour le: 28 janvier 2018 à 13:51 temps de lecture: 4 minutes

Témoignages de reconnaissance et de résilience

MÉMOIRE. Un an après la tragique fusillade à la Grande mosquée de Québec, qui leur a tous enlevé un être cher, les veuves et les proches des victimes ont tenu à exprimer leurs remerciements pour le soutien obtenu depuis le lendemain du drame.

Idiatou Barry a dû réprimer ses sanglots durant son témoignage de remerciement pour l’immense appui obtenu par les Québécois.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Assurément, l’aspect violent et toujours incompréhensible d’un tel crime gratuit fait en sorte que le deuil s’avère plus long et plus douloureux à faire. Chaque 29 janvier, ces familles seront plongées dans l’angoisse et la tristesse qu’a causées cet événement déplorable. Cette date marque une fracture avec l’insouciance du passé.

Idiatou Barry, veuve de Mamadou Tanou Barry, a été la première à livrer un vibrant témoignage entrecoupé d’une pause pour essuyer ses larmes. Donnant le ton aux autres prises de parole qui ont suivi, elle a remercié «toutes les personnes qui ont démontré de l’empathie et du support après les événements tragiques. Vous ne pouvez savoir à quel point ces marques de soutien nous ont aidés à traverser cette dure épreuve.»

Safia Hamoudi s’attriste devant le vide impossible à combler depuis la mort de son mari.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Entourée de deux de ses trois enfants, Safia Hamoudi a exprimé les sentiments qui l’habitent, maintenant qu’elle doit continuer sa vie comme soutien familial sans son défunt mari Khaled Belkacemi. «Le plus dur, exprime-t-elle, ça demeure le vide laissé par la personne disparue. Cette absence ne peut pas être comblée et ne le sera jamais. Nous allons continuer à vivre avec son souvenir, mais nous ne pourrons plus profiter de sa présence bienveillante. Il est attristant de penser qu’il ne pourra voir ses enfants grandir, ni tenir ses petits-enfants dans ses bras.»

Malgré qu’il soit cloué à un fauteuil roulant, après avoir reçu plusieurs balles en voulant protéger ses frères dans la mire du tireur, Aymen Derbali a transmis un message résolument positif. Sans jamais oublier ses frères tombés sur le tapis de la mosquée de Sainte-Foy, il estime que le drame doit faire place à l’espoir.

Partiellement paralysé depuis la fusillade, Aymen Derbali souhaite que la tragédie fasse place à l’espoir et à la cohabitation.

(Photo TC Media – François Cattapan)

«Le soutien majoritaire démontre que les radicaux sont minoritaires. Le bien domine toujours et le mal reste l’exception. Il ne faut pas céder à la peur et plutôt aller vers l’autre pour voir que nous avons plus de ressemblances que de différences», a-t-il déclaré en s’engageant personnellement à s’impliquer auprès des jeunes pour créer des ponts entre les communautés.

Portes ouvertes

C’est d’ailleurs dans cet esprit de partage et de rencontre avec ses concitoyens de la région de Québec que la communauté musulmane a complété cette première sortie publique des victimes de la fusillade par une activité portes ouvertes. Pour l’occasion, plus d’une centaine de personnes ont accepté cette invitation à mieux se connaître entre voisins en visitant la mosquée du chemin Sainte-Foy.

Les murs de la Grande mosquée de Québec étaient tapissés de messages de soutien et de sympathie.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Accolades, poignées de main et vœux de paix se sont multipliés en symbiose avec l’abondance de messages d’espoir affichés sur les murs du lieu de culte. Un moment unique qui scelle une réelle volonté de rapprochement.

Rappel des six disparus

-Ibrahima Barry, ingénieur, 39 ans

-Mamadou Tanou Barry, comptable, 42 ans

-Khaled Belkacemi, professeur, 60 ans

-AbdelKrim Hassane, informaticien, 41 ans

-Azzeddine Soufiane, épicier, 57 ans

-Aboubaker Thabti, entrepreneur, 44 ans

TC Media

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