Société
12:26 6 décembre 2017 | mise à jour le: 6 décembre 2017 à 12:26 temps de lecture: 5 minutes

La MdJ L’Envol garde sa pertinence après 35 ans d’essor

JEUNESSE. Lorsqu’un organisme épaule dans leur développement les enfants des premiers jeunes qui ont marqué ses débuts, on peut parler de durée. Cette réalité n’empêche pas la Maison des Jeunes (MdJ) L’Envol de Sainte-Foy de renouveler ses approches, pour demeurer pertinente auprès de sa clientèle après 35 ans d’existence.

Un lieu de rencontre et de socialisation toujours pertinent aux yeux de la coordonnatrice de L’Envol, Caroline Flamand.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Inévitablement, les choses ont changé en plus de trois décennies. Les jeunes ne sont pas en marge des changements sociaux. Même que, souvent, ils les initient. L’équipe de L’Envol en a fait le constat lors d’une récente activité soulignant son anniversaire. Elle a pu voir que les besoins et la fréquentation ont évolué au rythme des modes vestimentaires et capillaires.

«Avant, les jeunes arrivaient davantage en bande, ce qui fait que la fréquentation était plus forte. La moyenne par soir oscillait autour de 40, alors qu’aujourd’hui, c’est dans les 20-25. Une baisse qui s’explique par le fait que la clientèle actuelle arrive davantage seule ou par petits groupes d’amis et aussi par l’explosion des médias sociaux paradoxalement propices à l’isolement», observe la coordonnatrice Caroline Flamand.

Celle qui dirige une équipe de quatre intervenants reste persuadée que la MdJ demeure un point de ralliement, qui agit comme une ressource en développement social. Les jeunes sous sa responsabilité ne viennent pas fuir leurs responsabilités en passant du bon temps à l’abri du regard de leurs parents. Au contraire, ils sont soumis à un encadrement constant et doivent respecter un code de vie basé sur la collaboration et le respect.

La coordonnatrice Caroline Flamand dans le salon où est affiché le Code de vie de la MdJ L’Envol.

(Photo TC Media – François Cattapan)

«Ici, c’est tolérance zéro en matière de consommation (alcool et drogue), ainsi que de comportements sexuels déplacés. Nous oeuvrons avant tout en services sociaux, alors nous prônons de saines habitudes de vie. Certes, nous avons recours aux loisirs pour mobiliser les troupes, mais c’est pour favoriser l’implication des jeunes dans la communauté et développer leur autonomie», précise Mme Flamand, ajoutant qu’au passage la MdJ leur offre des services de relation d’aide, d’accompagnement et de soutien aux devoirs.

Préjugés tenaces

S’il est une chose que la coordonnatrice n’a pas vue changer depuis ses 12 ans en poste, c’est la persistance des préjugés envers son organisme. La croyance populaire voulant que les MdJ ne sont que des repères de délinquants laissés libres de faire à leur tête reste ancrée et difficile à corriger. «Pourtant, note-t-elle, ce n’est pas la réalité que nous vivons. Oui, il y a des jeunes qui ont des parcours plus difficiles, mais nous sommes justement là pour les aider à cheminer. Et, nous sommes témoins de progrès.»

Le sous-sol de la maison est aménagé en salle de billard.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Fierté et confiance sont souvent récompensées par ces citoyens de demain, qui sont encadrés et encouragés à gérer certains aspects comme la cafétéria, qui propose de nouveaux plats santé, et certaines activités. Ce fut le cas du succès obtenu par la fête de l’Halloween planifiée sous le thème « Walking Dead » avec la MdJ de L’Ancienne-Lorette, à la base de plein air de Sainte-Foy. Une réalisation qui a épaté les superviseurs adultes.

Un peu d’histoire

Concernant la raison d’être de L’Envol, Caroline Flamand rappelle qu’au départ, en 1982, des acteurs du milieu, dont le curé de la paroisse, avaient milité en sa faveur. L’idée consistait à éviter le flânage des jeunes et leur permettre d’avoir un endroit où se retrouver et socialiser. Les choses ont évolué et pris de l’ampleur pour la Mdj qui a d’abord vu le jour sur la rue du Long-Sault (devenu Gabriel-Dumont), avant de déménager à son endroit actuel sur la route de l’Église, au début des années 1990.

Caroline Flamand dirige la MdJ de Sainte-Foy depuis 12 ans.

(Photo TC Media – François Cattapan)

À l’époque, le conseil d’administration de la MdJ avait eu besoin d’un an pour s’organiser et, surtout, attacher les ficelles pour devenir propriétaire de son nouveau local. L’aide de contributeurs et de la Ville de Québec avait permis d’obtenir le financement nécessaire. Depuis, l’ancienne résidence située au coin de l’Église et Toussaint-Dussault a été rénovée autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le sous-sol est aménagé en salle de billard avec coin-lunch et écran plat. Le rez-de-chaussée sert de salon de musique et de salle de réunion, tandis que l’étage accueille les bureaux des intervenants.

Pour souligner son 35e anniversaire, L’Envol a tenu un souper-bénéfice spécial cet automne. Un spectacle d’humour sur invitation est prévu le 8 décembre. On recherche les anciens utilisateurs, bénévoles et partenaires via Facebook ou www.mdjlenvol.com.

À propos de la MdJ L’Envol

Environ 12 000 jeunes de 12 à 17 ans y ont mis les pieds depuis 35 ans.

Les intervenants sont formés en services sociaux, relations d’aide, délinquance et sexologie.

TC Media

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