Société
19:18 13 septembre 2017 | mise à jour le: 15 novembre 2018 à 16:13 temps de lecture: 4 minutes

Ajustements réclamés au futur schéma d’aménagement

PLANIFICATION. Présents aux consultations publiques destinées au secteur ouest du territoire, plusieurs organismes et citoyens ont soumis des observations et des requêtes, afin de bonifier le schéma d’aménagement et de développement révisé pour l’agglomération de Québec. Densification urbaine et optimisation des transports ont dominé les présentations.

Plusieurs mémoires ont été présentés aux membres de la Commission consultative sur le schéma d’aménagement de l’agglomération de Québec.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Parmi les intervenants, Jeanne Robin, directrice de l’organisme Vivre en Ville, déplore la dépendance galopante à l’automobile. «Cela soulève des préoccupations pour la qualité de vie dans l’agglomération de Québec, estime-t-elle. On souhaiterait que le schéma d’aménagement contienne des cibles pour optimiser la mobilité et l’utilisation du territoire, notamment par la densification résidentielle et l’amélioration du transport en commun.» À son avis, il y a nécessité de regrouper les pôles d’emplois, afin de maximiser la desserte en transport collectif. Par ailleurs, elle propose d’éviter le dézonage des terres agricoles et pour plutôt miser sur les citoyens qui recherchent la proximité des attraits et services du centre-ville.

De son côté, Charles Bennett, urbaniste chez Gestion CREIT, propriétaire des mégacentres commerciaux Duplessis et Lebourgneuf, s’inquiète de l’arrivée d’un nouveau centre autour du futur Ikea. Il s’interroge sur la capacité d’absorption du marché, «alors que les magasins affichent un taux d’inoccupation de 12% et que l’achat en ligne réduit les besoins d’espaces commerciaux». Pour assurer un minimum de vitalité, M. Bennett suggère la création de zones commerciales prioritaires, en plus d’ouvrir à de l’ajout de services complémentaires pour maximiser le développement économique de l’agglomération.

Porte-parole de plusieurs entreprises de construction et propriétaires fonciers actifs dans les secteurs nord entre Val-Bélair et Charlesbourg, Guillaume Neveu constate que Québec perd du terrain au profit des villes de la périphérie. Cette réalité contribue à accélérer le phénomène de l’étalement urbain en saute-mouton vers l’extérieur du territoire. Ses clients réclament des modifications aux limites du bassin versant du lac et de la rivière Saint-Charles, pour remplacer la catégorisation «forêt» par «urbaine», tout en s’engageant à respecter les normes environnementales restrictives pour les zones humides et vertes.

«Il en va de l’optimisation des infrastructures et services existants sur le territoire, dont les écoles, les parcs et les moyens de transport. En plus, soutient-il, d’atténuer la pression sur les valeurs foncières.» M. Neveu a tenu le même discours pour la porcherie Omer Gingras et Fils à Saint-Augustin, qui demande un ajustement au périmètre d’urbanisation pour y permettre éventuellement une réaffectation favorable au développement résidentiel. L’intention consiste à atténuer l’exode des familles vers les municipalités de Portneuf, tout en accroissant la part modale du réseau de transport de la Capitale (RTC), qui dessert déjà le secteur.

Préoccupations citoyennes

Des particuliers ont aussi soumis quelques propositions personnelles. Du nombre, un citoyen a noté avec intérêt que le schéma prévoit rehausser les normes environnementales et sanitaires pour atténuer le bruit autoroutier. Résident depuis 50 ans près de l’échangeur Duplessis menant aux ponts, il attend depuis des décennies qu’on réalise un aménagement (remblai ou mur) pour dissiper le vacarme que génère l’incessante circulation à cet endroit névralgique. «Déjà justifié en 1985 dans le premier schéma d’aménagement, rappelle-t-il, ça l’est davantage ces années-ci pour préserver notre qualité de vie et la valeur de nos propriétés.»

Précision sur la démarche

La révision du schéma d’aménagement et de développement de l’agglomération de Québec vise à déterminer les orientations du développement urbain du territoire, en lien avec les prévisions de croissance pour la période 2016-36. Le précédent exercice du genre remonte à 1985, du temps de la Communauté urbaine de Québec (CUQ), qui regroupait 13 municipalités. Le projet final de schéma d’aménagement devra recevoir ultimement la double approbation du ministère de l’Environnement du Québec et du conseil d’agglomération de Québec.

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