Société
15:00 27 mai 2015 | mise à jour le: 27 mai 2015 à 15:00 Temps de lecture: 3 minutes

Grand ménage du printemps sur les berges de la rivière Lorette

ENVIRONNEMENT. Depuis 12 ans, des élèves de la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette (PAL) délaissent quelques heures durant les salles de classe pour faire un brin de ménage le long des berges de la rivière Lorette. Vieux pneus, meubles démodés et brisés, chaises de parterre, vélos, matériaux de construction de toutes sortes et même des carcasses de voitures; les déchets sont encore nombreux près de la rivière.

Selon Pierre Morin, l’enseignant qui se charge de l’organisation de la collecte des déchets depuis 8 ans, c’est environ 2000 lb de détritus que les jeunes récupèrent chaque année lors de ce grand ménage. Ça pourrait être beaucoup plus. «On n’est pas capables de tout enlever parce que certains déchets sont pris dans la rouille. Il y en a qui sont là depuis les années 1970. On en arrache un peu chaque année. Au début, on travaillait tout près de l’école, maintenant on doit aller plus loin, en aval et en amont. En plus, on n’a pas accès à certains secteurs résidentiels et là où il y a des falaises», explique le prof.

Cette année, 201 jeunes de deuxième secondaire et une vingtaine de professeurs ont participé à la cueillette de déchets. Pour les élèves, c’est en quelque sorte une leçon de vie. «Les jeunes trouvent ça dramatique et disent que c’est « colon » de jeter ses déchets sur le bord de la rivière. Ça fait 12 ans qu’on ramasse et il en reste encore autant! Ils disent toujours qu’ils font plus attention après parce qu’ils ont travaillé fort cette journée-là», précise Pierre Morin.

Analyse

Si l’enseignant et ses élèves ne baissent pas les bras et prévoient poursuivre l’activité au cours des années à venir, les résultats tardent malheureusement à se faire sentir. C’est que scientifiquement parlant, l’état de la rivière ne s’est pas amélioré depuis 8 ans selon les analyses réalisées par un biologiste de G3E qui vérifie notamment le ph, la dureté et la présence de coliformes fécaux.

«Un bilan rapide permet de déterminer que la qualité de l’eau se situe entre moyenne et bonne. Sauf qu’elle est restée égale depuis le début. Je me disais que le nettoyage aiderait, mais non, les polluants viennent d’ailleurs. J’aurais aimé pouvoir dire aux jeunes « Vous voyez, vous faites une différence »», déplore le professeur.

Malgré tout, Pierre Morin entend bien poursuivre ses efforts et aimerait obtenir la collaboration de la Ville de Québec puisque la rivière coule également sur le territoire de la voisine de L’Ancienne-Lorette et que certains polluants pourraient bien être originaires de la ville centre. «Ce n’est pas dans nos projets futurs de sauter une année, mais d’un autre côté, je me demande si les gens ne comptent pas un peu là-dessus. C’est triste», conclut M. Morin.

Québec Hebdo

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