Société
17:56 17 janvier 2014 | mise à jour le: 17 janvier 2014 à 17:56 temps de lecture: 3 minutes

Projet immobilier Woodfield Sillery: «à la fois trop gros, trop haut et trop envahissant»

Le Conseil du patrimoine culturel du Québec (CPCQ) a émis en septembre 2013 un avis défavorable envers le projet immobilier Woodfield Sillery dans le boisé Saint-Patrick, situé au cœur du site patrimonial de Sillery. C’est ce qu’a appris Héritage Québec, dont les arguments soulevés dans les derniers mois pour convaincre le ministre de la Culture et des Communications de rejeter le projet trouvent ainsi un écho dans le rapport du CPCQ.
À voir aussi: Avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec (suite) et Héritage Québec demande au ministre qu’il refuse l’autorisation finale au promoteur

C’est le ministre lui-même, Maka Kotto, qui a demandé l’avis du CPCQ à la lumière du plan de conservation et du document d’accompagnement «Agir pour conserver le site patrimonial de Sillery», publiés par son Ministère en juillet dernier. Dans ce document, le boisé Saint-Patrick avait été identifié comme une zone de grande vigilance où, par conséquent, toute intervention devait être minimale pour préserver le paysage historique naturel du lieu.

Après examen, le CPCQ conclut que le projet du promoteur «est à la fois trop gros, trop haut et trop envahissant pour répondre aux objectifs de « préservation du patrimoine » et « d’intervention minimale »» contenus dans le plan de conservation et formulés dans les lignes directrices du MCC. De plus, on estime que «le projet porte atteinte à la fonction d’écran visuel du boisé», celui-ci jouant actuellement un rôle tampon entre le cimetière Saint-Patrick et les unités d’habitation situés sur le lot voisin.

Feu vert à certaines conditions

Malgré cet avis défavorable, Maka Kotto signe, le 19 décembre 2013, l’autorisation de construction de 75 condos, distribués sur quatre ou cinq étages selon les derniers plans en vigueur. Il émet toutefois des conditions qui tiennent compte des considérations formulées par le CPCQ relativement aux caractères paysagers. Le promoteur devra ainsi respecter certaines mesures pour s’assurer de la protection des arbres et de la mise en valeur du boisé, notamment en s’adjoignant les services d’un ingénieur forestier.

Peu convaincu, Jean Bousquet, professeur en foresterie à l’Université Laval, s’inquiète en outre du fait que le rapport de la CPCQ ne contient aucune ligne sur les arbres bicentenaires du boisé. Héritage Québec doit rencontrer la chef de cabinet du ministre Maka Kotto la semaine prochaine pour discuter du projet. Ultimement, la présidente, Johanne Elsener, souhaite que l’autorisation finale soit refusée au promoteur.

Vidéo à venir…

Membre du Groupe Québec Hebdo

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