Société
19:37 28 octobre 2013 | mise à jour le: 28 octobre 2013 à 19:37 temps de lecture: 4 minutes

Première mondiale: un dispositif implanté entre les deux oreillettes du cœur

Les équipes d’hémodynamie et de défaillance cardiaque de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) ont réalisé une première mondiale le 10 octobre dernier avec l’implantation d’un dispositif appelé V-Wave qui permet d’équilibrer les pressions entre le côté gauche et le côté droit du muscle cardiaque.

Implantée entre les deux oreillettes du coeur, la toute petite valve permet d’améliorer les soins prodigués aux patients atteints d’insuffisance cardiaque. Quand la pression augmente du côté gauche du coeur en raison d’insuffisance cardiaque, le dispositif V-wave fait passer le surplus de sang du côté droit.

Pour les cardiologues de l’Institut, il s’agit d’une nouvelle façon de faire. «Quand on voit des trous dans le cœur, on a plus tendance à les fermer qu’à en créer. C’est le paradigme de la cardiologie», résume le Dr Mathieu Bernier, de l’équipe de défaillance cardiaque. La procédure a été approuvée par Santé Canada dans le cadre du programme d’accès spécial qui inclut des cas d’exception et qui s’applique, entre autres, à des patients qui demeurent symptomatiques malgré un traitement médical maximal.

Cette procédure –on ne parle même pas d’opération tant l’implantation est rapide et ne requiert pas de suture– réalisée avec succès, laisse croire que cette nouvelle technologie pourrait s’avérer un traitement envisageable pour les patients souffrant de défaillance cardiaque avancée qui ne répondent pas à la thérapie standard ou conventionnelle.

C’est que le traitement de l’insuffisance cardiaque est d’abord à base de médicaments qui visent à soulager les symptômes et à améliorer le pronostic en éliminant l‘eau accumulée dans les organes tels que les poumons, à diminuer le travail demandé au coeur et à mieux contrôler les facteurs de risques étiologiques. Toutefois, malgré un traitement médical optimal, les patients en défaillance cardiaque avancée continuent fréquemment à présenter des symptômes importants, limitant ainsi significativement leur qualité de vie. La greffe cardiaque et le coeur mécanique demeurent des options thérapeutiques pour une petite proportion de ces patients, mais beaucoup d’entre eux présentent des contre-indications pour ces procédures qui comportent elles-mêmes des risques inhérents.

Premier patient

Le tout premier patient à bénéficier de cette nouvelle technologie, Claude Talbot, n’a que du positif à dire sur l’intervention qu’il a subie. Après une crise cardiaque majeure en 2004 et des pontages quelques années plus tard, il devait prendre une médication qui avait atteint sa limite. L’équipe de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec a vu en lui le patient parfait.

«Je suis arrivé à l’hôpital très serein, certain que je pourrais poursuivre mes projets le lundi après l’opération. Aujourd’hui je me sens bien, ça a amélioré de beaucoup mon confort dans ma vie quotidienne. J’ai moins de difficultés à faire un effort soutenu et mon sommeil s’est amélioré de façon surprenante. Pour moi, c’est immense», résume le résident de Cap-Rouge.

Le nombre de patients qui pourraient bénéficier de cette technologie est difficile à estimer pour le moment. Si l’expérience continue d’être positive, cela pourrait représenter un nombre élevé de patients par année considérant qu’un total d’environ 800 patients sont suivis annuellement à la clinique de défaillance cardiaque de l’Institut. Il s’écoulera toutefois quelques années avant que le traitement soit disponible à grande échelle, 2 ou 3 ans au moins selon le Dr Josep Rodés-Cabau.

Groupe Québec Hebdo

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