Société
18:34 18 octobre 2013 | mise à jour le: 18 octobre 2013 à 18:34 temps de lecture: 5 minutes

Un trouble pour la vie

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ne cesse de faire couler de l’encre. Des études démontrent qu’il touche de 5 % à 8 % des enfants et environ 4 % des adultes. Les adultes atteints sont souvent diagnostiqués après qu’un de leurs enfants ait reçu un diagnostic de TDAH car le côté génétique explique 80 % des cas.

La médecin-psychiatre et co-fondatrice de la clinique TDAH, FOCUS, située à Saint-Augustin-de-Desmaures, Annick Vincent, note que le nombre de personnes atteintes est constant. En revanche, même si ce sujet reste encore tabou, «le nombre de personnes qui cherchent de l’aide est en augmentation», ajoute celle qui s’occupe de cette clientèle depuis une quinzaine d’années.

«La problématique du TDAH, je vis avec 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24», explique Lyne Guillemette, directrice générale de Panda Capitale-Nationale, qui offre un soutien aux personnes atteintes du TDAH et à leurs proches, et mère et conjointe de personnes atteintes.

Elle avoue avoir passé des moments difficiles : «On est isolé. Lorsqu’on nous invite à diner, on nous précise sans notre enfant, c’est dur. Le jugement porté par les autres peut être destructeur. Et puis, en tant que mère et épouse, on devient fatiguée de toujours répéter à l’un comme à l’autre.»

Alors, elle a mis en place un calendrier où son fils écrit en bleu et son mari en rouge les choses importantes. «Mon mari n’a jamais reçu un diagnostic, car ce trouble n’était pas reconnu chez l’adulte voilà une quinzaine d’années. Oui, il a un trouble, mais il n’est pas hyperactif, ce qui ne nuit pas dans son travail de mécanicien», explique-t-elle.

L’an passé, Panda a rencontré quelque 6500 personnes. De plus en plus, ce trouble est détecté chez les adultes. Dès novembre, l’organisme va développer un atelier pour le conjoint ou la personne ressource d’une personne atteinte.

La dure réalité

Lyne Guillemette a toujours remarqué que son fils bougeait beaucoup, «même dans mon ventre. Petit, Olivier se fâchait souvent, il lui arrivait même de donner des coups de tête dans les murs», raconte-t-elle.

Ce n’est qu’en 5e année que des professionnels commencent à parler du TDAH. Olivier a souvent été mis à l’écart des autres, trop agité. Il a alors fallu mettre en place un partenariat d’intervention entre l’école et la maison pour lui permettre de mettre en évidence ses forces et ainsi contrer ses faiblesses.

Ce trouble est difficile à vivre autant pour la personne atteinte que pour son entourage.

«Comme une bombe»

C’est au début de l’adolescence que Lyne Guillemette emmène son fils voir un neuropsychologue. Et là, le diagnostic tombe, comme un couperet. Olivier souffre d’un TDAH léger. «Ce diagnostic a été comme une bombe qui nous saute à la face. Il faut faire le deuil de l’enfant parfait», témoigne-t-elle.

Pendant trois ans, il a été sous médication. À l’adolescence, il prenait du Ritalin. «Ce n’est pas une pilule miracle, ça donne un frein à un jeune qui n’en a pas pour s’arrêter. Je n’ai pas acheté la paix, je lui ai offert la paix. Je n’étais plus constamment sur son dos. Mais Olivier ne se sentait pas bien alors nous avons arrêté le traitement et l’on a réussi à maintenir un statu quo», confie cette résidente de l’arrondissement Des Rivières.

«Aujourd’hui, à 29 ans, mon fils travaille, vit en couple et va bientôt avoir une petite fille», se réjouit-elle.

Trois symptômes principaux

Quelles sont les différences entre un enfant qui bouge et un enfant qui a un TDAH?

Ce trouble neurobiologique se traduit par trois symptômes principaux : l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité. Ces derniers évoluent de façon différente.

«Les personnes qui ont un déficit de l’attention ont un cerveau qui fonctionne différemment. L’inattention se traduit par une difficulté à se concentrer, la personne se fera facilement distraire, elle aura des difficultés à s’organiser et aura souvent des oublis», détaille la docteure Annick Vincent.

L’hyperactivité se traduit par «une bougeotte physique. La personne ne pourra pas s’empêcher de bouger», poursuit-elle.

Quant à l’impulsivité, «elle sera problématique lors de la conduite automobile. Dans le milieu de travail, la personne ne réfléchira pas avant de parler», rajoute-t-elle.

«Un enfant qui a un TDAH, ce n’est pas une question de volonté. Même s’il veut s’arrêter de bouger, il aura de la difficulté à le faire. Il est comme ça depuis qu’il est tout petit», confie-t-elle.

Les médecins de la clinique ont mis en place des outils pour diagnostiquer un TDAH et mettre en place des stratégies compensatoires au www.cliniquefocus.com. L’organisme Panda, situé dans l’arrondissement de la Haute-Saint-Charles à Québec, offre un soutien aux personnes atteintes du TDAH et à leurs proches. Informations au www.pandacapitale.org. Pour savoir s’il s’agit d’un TDAH, informations au www.estceuntdah.ca.

L’Appel, membre du Groupe Québec Hebdo

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