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13:46 30 octobre 2018

Joindre passion et affaires au profit de l’environnement

NATURE. À l’initiative de deux amateurs de plein air attristés de voir l’état des parcs, boisés et forêts se dégrader, PurNat est né en vue de procéder à l’assainissement de ces sites. L’organisme à but non lucratif lance un appel à la population afin de dénoncer les dépotoirs illégaux sur le territoire de la région de Québec.

(Photo Métro Média – Émilie Pelletier)

Leur intention à la base est d’éviter à tout prix que les eaux et les sols ne soient contaminés par les déchets et que la vie de la faune et de la flore ne s’en trouve affectée. Les deux résidents de l’île d’Orléans, Marcel Poiré et son fils Jean-Raphaël, ont donc pris la responsabilité de redonner à l’environnement son état original. Une initiative qui cadre bien avec la Semaine québécoise de réduction des déchets de la fin octobre.

«On a fondé PurNat après avoir compris que si on ne le faisait pas par nous-mêmes, personne ne le ferait», se désole Jean-Raphaël. L’organisation socialement responsable fondée en 2013 dresse un bilan positif depuis sa création. Jusqu’à présent, la nature a été libérée de plus de 2,1 millions de livres de déchets, avec l’aide de 500 bénévoles de partout à travers le Québec. Plus de 85% des matières ont pu être recyclées.

Besoin d’un coup de main

Son appel à la dénonciation publique s’apparente à un cri du cœur de la part de PurNat, alors que le constat est simple: les dépôts illégaux se multiplient. De concert avec les propriétaires de terrains où les déchets sont signalés par des résidents, l’organisme coordonne des opérations de nettoyage et de tri des déchets avec l’aide de partenaires. Ainsi, la facture des contribuables peut diminuer de plus de la moitié, elle qui est, le plus souvent, remise à la municipalité.

«On veut mettre ces renseignements au jour et impliquer les citoyens dans le processus de nettoyage de leurs villes, poursuivent-ils. En tirant l’alarme, peut-être que certains décideurs prendront connaissance de l’ampleur de la problématique.»

Grâce à la première version d’une application web développée à l’interne, tous sont en mesure de localiser, à l’aide d’une cartographie interactive, l’emplacement des dépotoirs improvisés. Avec le temps, les données collectées leur permettront d’établir des tendances, à savoir s’ils sont plutôt d’origine citoyenne ou commerciale, afin d’offrir aux municipalités des services personnalisés dans l’extraction de ces derniers.

«Un dépotoir illégal peut être identifié comme tel à partir du moment où quelques pneus, meubles, débris de constructions, ou carcasses de métal gisent dans un lieu naturel», explique Marcel Poiré.

Les cofondateurs ont qualifié le parc industriel, dans l’arrondissement Beauport, de «paradis pour les entrepreneurs», où ces derniers disposent de déchets commerciaux dans les endroits feuillus du secteur.

(Photo gracieuseté – PurNat)

Organisme proactif

En novembre 2014, la première opération de PurNat avait eu lieu sur la montagne des Roches, dans l’arrondissement Charlesbourg, où pas moins de 15 tonnes de rebuts ont été ramassées. Au fil du temps, la notoriété de l’entreprise a crû et certaines municipalités l’interpellent.

D’ailleurs, en 2015, lors d’un premier grand événement de nettoyage aux abords du sentier Mestachibo à Saint-Ferréol-les-Neiges, 125 tonnes de déchets ont été extraites de la nature avec la participation de La Capitale et ses 140 bénévoles. S’ils n’ont pas été appelés à intervenir dans l’ouest de Québec, les deux hommes restent persuadés que le secteur n’est pas exempt de dépotoirs improvisés.

Ils invitent d’ailleurs les marcheurs à être vigilants, car l’absence de couvert végétal à l’automne permet un meilleur repérage. Leur souhait consiste également à développer un volet éducatif. Des expériences concluantes ont été menées auprès d’élèves du secondaire. «On croit qu’il faut agir à la base de la société pour observer un changement de comportement significatif», justifie Jean-Raphaël Poiré.

C’est dans cette optique que les deux cofondateurs de PurNat espèrent implanter un nouvel outil d’éducation au cours de l’année 2019. En quête de financement, le programme <@Ri>Zéro déchet à mon école<@$p>, qu’ils désirent étendre à l’ensemble du réseau scolaire provincial, sensibilisera la jeunesse à la nécessité d’enrayer la prolifération des rebuts disposés illégalement au Québec.

Les dépotoirs illégaux peuvent être dénoncés à: www.purnat.ca/signaler.

Emilie Pelletier


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