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12:51 24 mars 2018 | mise à jour le: 24 mars 2018 à 12:51 temps de lecture: 4 minutes

Démolition maintenue du Centre Jean-Marie-Roy

MUNICIPAL. Désuet et trop coûteux à rénover, le Centre communautaire Jean-Marie-Roy sera bien démoli. La décision est prise à l’unanimité par le conseil municipal de Saint-Augustin qui, après avoir analysé toutes les avenues, n’a pas l’intention de revenir en arrière pour sauver à grands frais ce bâtiment qui tombe en ruine.

Devant être rebâti en entier, le Centre Jean-Marie-Roy n’a plus rien de patrimonial aux yeux du maire de Saint-Augustin, Sylvain Juneau.

(Photo TC Media – Archives)

En réponse aux organismes tel Action Patrimoine qui s’élèvent contre la perte de cet héritage bâti, le maire Sylvain Juneau a tenu à être clair. «J’ai beaucoup de respect pour l’œuvre de l’architecte Jean Marie-Roy, qui a conçu deux campus à Saint-Augustin. Celui du Séminaire quasi disparu et celui de Notre-Dame-de-Foy. Ce dernier se trouve classé bien culturel protégé pour ses bâtiments typiques à toit plat et en béton blanc et, surtout, l’organisation spatiale autour d’eux. Ça a fait ses classes dans les années 1970.»

Par contre, il s’interroge sur la pertinence et, surtout, la justesse de la récente montée aux barricades de défenseurs du travail de l’architecte renommé pour sa modernité. «Où étaient ces gens quand l’administration précédente a acquis l’ancienne école, en 2009, sans examen ni plan d’entretien?, demande M. Juneau. Si à l’époque il y avait encore quelque chose à faire d’urgence, aujourd’hui ce n’est plus le cas. C’est trop tard. Il y a danger comme l’ont révélé des inspections techniques et il faut démolir.»

Ingénieur civil de formation, le maire de Saint-Augustin convient que le bâtiment était beau et révolutionnaire à l’époque d’un point de vue architectural. Toutefois, il l’estime déficient sur le plan technique. «C’est un gros squelette d’acier sur lequel des panneaux de béton de plusieurs tonnes sont accrochés en porte-à-faux. Le peu d’isolation des murs fait que la condensation s’infiltre, les encrages pourrissent et ça veut sacrer le camp.»

Tout à refaire

Pour se conformer au Code du bâtiment, la Ville doit mettre aux normes son centre communautaire en raison du changement d’usage de l’auguste institution d’enseignement. Il lui faut refaire la toiture, celle-ci ayant été soufflée de trois pieds afin de l’isoler de l’intérieur. Négligé au point de contribuer à la perte prématurée du bâtiment, le système de chauffage est à changer. Il faut aussi retirer l’amiante des plafonds et des planchers. Sans oublier la réfection complète de l’électricité et de la plomberie.

«En fin de compte, on doit tout rebâtir à partir de la structure. Est-ce que c’est patrimonial un squelette de métal? La réponse est non! Faut-il sauver à tout prix un bâtiment, alors que l’ensemble dans lequel il s’inscrivait a été foutu à terre? La réponse est encore non!», déclare Sylvain Juneau.

Pas d’ajout à la dette

Il déplore de se retrouver avec l’odieux du problème, pour lequel il cherche une solution sans rajouter à l’écrasante dette de sa Ville. «Ça m’écoeure de me faire reprocher d’être insensible à la sauvegarde du patrimoine, alors qu’on n’a pas le choix. Il est trop tard pour cet édifice-là, dans lequel on a engouffré 19M$ en rénovations cosmétiques et qui nécessitera une autre injection de 25M$ pour être mis aux normes. C’est l’équivalent d’ajouter à notre fardeau le quart de la valeur de la dette que nous tentons de réduire. Ça va faire!», ajoute le maire.

À ceux qui suggèrent de faire classer le Centre Jean-Marie-Roy pour ensuite espérer une subvention de 1M$, M. Juneau rétorque que cela lui vaudrait néanmoins une facture de 24M$. «Oubliez cette mauvaise solution, clame-t-il. Ce bâtiment est fini et l’acharnement à son endroit est terminé. La décision unanime du conseil municipal est mûrement réfléchie et on ne reviendra pas là-dessus. On va le démolir, mettre les sommes dépensées inutilement dans la colonne des pertes et reconstruire sur le site une infrastructure neuve et adaptée à nos besoins pour environ 5M$.»

«Y a des limites à rêver, termine-t-il. Moi, j’ai été élu pour faire le ménage dans les finances et la gestion de Saint-Augustin et on travaille dans ce sens-là. Point final!»

 

TC Media

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