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22:54 30 mai 2017

Oui au logement social, mais pas sur la rue Huot

CONSTRUCTION. Ayant obtenu in extremis la tenue d’une rencontre d’information sur un projet de logement social devant être érigé à l’entrée du quartier Jouvence, les citoyens ont pu faire valoir leur point de vue. Ils semblent même être parvenus à semer le doute sur la pertinence du site retenu par l’Arrondissement Sainte-Foy/Sillery/Cap-Rouge.

Les réserves émises par les citoyens touchaient la circulation, le stationnement, la sécurité, l’absence de services de proximité et la saturation de l’école primaire.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Pour l’instant, le projet de 36 logements subventionnés prévu pour prendre forme à l’angle de la rue Huot et de l’avenue Jules-Verne demeure dans les intentions de la Ville de Québec. Toutefois, la délégation venue entendre les doléances des citoyens voisins de l’endroit choisi par l’Office municipal d’habitation de Québec (OMHQ) a eu droit à un concert unanime d’éléments défavorables.

D’entrée de jeu, le porte-parole des citoyens contre le projet baptisé Habitations Jules-Verne, Clément Juneau, a déposé une pétition de 500 signataires s’opposant un concept initial qui leur a été présenté. Au premier chef, il a été exposé aux représentants de la Ville que le parc Claude-Germain serait amputé indûment, que la circulation et le stationnement sur la rue Huot deviendraient encore plus complexes et que l’école primaire Jouvence se trouverait surchargée.

«Nous ne nous objectons pas au logement social dans notre quartier. Cependant, la Ville de Québec et son service d’urbanisme ne se sont pas assurés de l’acceptabilité sociale pour le choix du site. Le projet cadrerait mieux sur une portion boisée du parc à proximité de l’école qui, d’une part, présente un gabarit similaire au futur bâtiment de trois étages et, d’autre part, devra bientôt être agrandie pour accommoder les nouvelles familles», a fait valoir M. Juneau sous l’approbation des 80 personnes venues s’informer.

Le site initial ciblé sur la portion est du parc Claude-Germain.

(Carte gracieuseté)

Le citoyen Whalen et la citoyenne Marcotte ont ajouté que le secteur était très mal desservi par le transport en commun et qu’on y trouvait peu de commerces de proximité pour des familles à faible revenu. «Ça prend au moins 1h30 de bus pour se rendre au centre-ville. Si on se met à la place des futurs occupants, ce n’est vraiment pas leur rendre service que de les installer dans une sortie d’autoroute loin de tout.»

Détentrice d’un diplôme en design et architecture, Sylvie Pellerin a martelé à son tour que le gros bon sens suggérait de bâtir les logements sociaux dans le boisé du parc près de l’école, avec un accès via la rue Saint-Yves. «De cette façon, énumère-t-elle, on sauve le bosquet d’arbres à l’entrée de notre quartier, on entoure l’immeuble d’un tampon naturel qui va atténuer le bruit de l’autoroute et on préserve les activités sportives du parc, dont le baseball et le hockey sous hauts réflecteurs.

Réflexion

Le président de l’arrondissement, Rémi Normand, a expliqué le projet d’habitation social aux côtés de plusieurs fonctionnaires dont la conseillère en consultation publique, Priscilla Lafond.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Venu dans l’intention de présenter et de convaincre de la pertinence du projet, le président de l’Arrondissement, Rémy Normand, affichait une certaine réserve à la fin de la soirée d’information. L’écoute active a paru faire son chemin, surtout qu’aucun citoyen ne s’est opposé à l’objectif louable de l’administration municipale de favoriser la mixité sociale et l’arrivée de jeunes familles dans le quartier. Ils estiment par contre que le site prévu ne leur paraît pas opportun.

Le reproche de ne pas avoir informé les citoyens des intentions de la Ville a aussi été pris en compte. «Si ce n’avait pas été d’un article paru dans L’Appel, nous aurions été mis devant le fait accompli lorsque les machineries seraient débarquées pour raser le bosquet et creuser les fondations», s’est désolé M. Juneau.

Ce à quoi M. Normand a précisé que la Charte de la Ville de Québec faisait en sorte que les projets de logements sociaux ne nécessitaient pas une approbation référendaire. «De plus, des dérogations ont été consenties afin de mitiger les irritants en matière de hauteur, de nombre de logements et de cases stationnement. Enfin, le terrain ciblé ne fait pas partie du parc, il s’agit d’un lot vacant et indépendant depuis 1969», a-t-il mentionné en assurant qu’il ferait rapport des doléances soulevées par le citoyen et qu’il les tiendrait au courant de la réflexion du conseil exécutif sur le projet de logement social.

À propos du projet

36 logements (18 pour personnes seules; 6 à 1cc; 6 à 2cc; et 6 à 3cc)

Bâtiment de 3 étages à toit plat avec 32 cases de stationnement

Occupation au sol de l’immeuble 1100m2; surface du lot 3600m2; superficie du parc 19 310m2

DERNIÈRE HEURE : Retrait confirmé

Les citoyens ont finalement eu gain de cause. Une lettre transmise par l’Arrondissement a confirmé que le projet n’irait pas de l’avant. «(…) Nous avons reçu avec beaucoup d’attention les préoccupations et les commentaires des résidents du secteur. Comme je vous l’indiquais, j’ai fait part aux membres du comité exécutif (de la Ville de Québec) de la situation. Nous avons convenu de retirer le projet de logement social planifié sur la rue Huot», a écrit M. Normand en réitérant l’intention de la Ville de favoriser la formule de logement social mixte pour dynamiser la vie de quartier.

TC Media

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