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13:15 19 juin 2012 | mise à jour le: 19 juin 2012 à 13:15 temps de lecture: 4 minutes

Le quadraplégique que rien n’arrête

Érick Bouchard avait 16 ans quand sa vie a changé du tout au tout. Il venait de finir le secondaire, conduisait sa propre voiture et prévoyait passer un week-end tranquille au chalet avec sa copine. Un simple plongeon dans un lac l’a forcé à revoir ses plans d’avenir. L’eau n’était pas assez profonde; il s’est brisé la cinquième vertèbre cervicale.

Aujourd’hui dans la trentaine, Érick Bouchard est devenu avocat. Originaire de Roberval, il s’est installé tout près de l’eau, sur le bord du lac Saint-Augustin. Avec son livre La rage de vivre, il tente de démontrer que la vie vaut la peine d’être vécue. Avec la belle saison qui débute, il met également les baigneurs en garde contre les accidents.

«Ça m’a pris quatre ans à m’en remettre. Je voulais remarcher, je n’avais rien d’autre en tête. Puis j’ai pris conscience qu’il y avait autre chose. Le fauteuil roulant, ce n’est pas moi qui l’ai inventé. D’autres sont passés par là avant moi», commence M. Bouchard.

Il a d’abord travaillé pour reconquérir son autonomie – et découvert au passage qu’un sportif comme lui pouvait continuer à bouger notamment avec le rugby en fauteuil roulant et le vélo dont les pédales sont actionnées par les bras – puis poursuivi ses études. Aujourd’hui, il se pose en exemple.

Plonger égale danger

«On entend peu parler des dangers de plonger dans les piscines ou les lacs mais des accidents comme celui que j’ai subi ne sont pas à prendre à la légère. C’est irréversible; on vit avec jusqu’à la fin de nos jours. Oui on peut refaire sa vie, mais tout devient plus compliqué», assure Érick Bouchard.

Son message avec l’été qui commence est clair. «Sautez donc les pieds en premier!» L’avocat considère que malgré les multiples campagnes de prévention, les gens associent encore trop les activités nautiques avec le plaisir. «Il faut rappeler les risques de courir sur le bord de la piscine ou de plonger quand il n’y a pas assez d’eau», résume-t-il.

Dans son livre, il va encore plus loin. «Peu importe la fatalité dans la vie, tout le monde a son lot de difficultés. Une faillite, un divorce, une dépression ou être assis dans un fauteuil roulant, la vie n’est pas finie. Il faut se retrousser les manches. Peu importe l’épreuve, il y a toujours moyen de passer au travers en étant proactif.»

Des bobos qui passent inaperçus

Rien n’est aisé quand on est cloué à un fauteuil. Malgré tout, Érick Bouchard préfère prendre le parti d’en rire. Par exemple, quand on ne sent pas son corps, une blessure aussi banale qu’une coupure peut causer des dégâts considérables.

«Je suis prisonnier de mon corps, je dois le traîner partout. Il faut rester à l’affût de la chaleur, des coupures. Ce n’est pas le temps de s’en rendre compte seulement quand il y a une flaque de sang par terre», explique M. Bouchard avec le solide sens de l’humour qui le caractérise.

Adolescent, Érick Bouchard rêvait d’être policier. Aujourd’hui il est avocat dans un poste de police. «La vie, c’est un gros sac à surprises. La route va peut-être sinueuse, il va y avoir des obstacles, mais on se rend là où on veut aller.»

L’Appel, membre du Groupe Québec Hebdo

Pour en savoir plus sur Érick Bouchard et son livre La rage de vivre : http://www.erickbouchard.com

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