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03:00 20 janvier 2015 | mise à jour le: 20 janvier 2015 à 03:00 temps de lecture: 4 minutes

Les citoyens de Saint-Augustin réclament un ménage dans les finances de leur Ville

MUNICIPAL. La situation demeure tendue à Saint-Augustin où les citoyens sont venus en grand nombre assister à la première séance du conseil municipal, lundi soir. Bien qu’ils se disent solidaires de leurs élus dans la lutte contre une agglomération urbaine toujours plus gourmande, ils ne digèrent toujours pas la hausse de taxes foncières de 25% et exigent un ménage dans les finances municipales.

Ils étaient plus d’une centaine à demander que cesse le discours voulant que la situation financière précaire de la Ville soit attribuable uniquement à l’agglomération. Plusieurs contribuables estiment qu’il faut aussi regarder dans leur propre cour. Ils y voient des opportunités de resserrer la gestion, alors que les dépenses de proximité ont grimpé de 16% et que la dette municipal atteint 120M$, un niveau record.

La présidente de l’organisme SOS Saint-Augustin, Sylvie Asselin, a ouvert la période de questions en demandant un engagement des élus à tenir une séance publique d’information sur la situation financière de la municipalité d’ici au printemps. «Ce sera l’occasion de clarifier les chiffres et d’exposer les prévisions de hausse de frais de services et de taxes pour l’an prochain et les cinq ans à venir, suggère-t-elle. Il faut savoir ce que la Ville fait et où elle s’en va. Car, si Saint-Augustin est incapable de gérer ses finances en raison de l’imprévision de la hausse de la quote-part d’agglomération, les citoyens ne sont pas plus capables d’organiser leurs finances personnelles si on ne peut pas assurer une certaine stabilité du compte de taxes.»

Après une salve généralisée d’applaudissements, le citoyen Bertrand Juneau a renchéri en demandant plus de transparence de la part des élus. À son avis, il est déplorable que la seule façon d’obtenir de l’information sur les dépenses de la Ville soit de devoir rédiger une demande d’accès officielle, avec la paperasserie et les délais que cela impose. «Nous sommes solidaires du combat contre l’agglomération, mais, dit-il, cela ne doit pas nous aveugler au point d’oublier un autre aspect important du budget. Or, les dépenses de proximité ont augmenté davantage ces dernières années que celles imputées à l’agglomération. Il faut avoir les chiffres exacts pour prendre des décisions afin de limiter la flambée du compte de taxes.»

Après un autre tonnerre d’approbation citoyenne dans l’assistance, un résident de Neuville qui possède des logements à Saint-Augustin est venu demander aux conseillers municipaux combien il devra augmenter ses loyers pour couvrir la hausse faramineuse de taxes municipales. Estimant que Saint-Augustin se donnait des allures de ville riche avec ses dépenses somptuaires pour sa maison de la culture et son immense complexe sportif, il apprécierait qu’on mette la pédale douce pour épargner les contribuables.

Frustrations partagées

En l’absence du maire Marcel Corriveau, toujours en convalescence après avoir subi un malaise durant les Fêtes, la mairesse suppléante France Hamel a voulu rassurer ses concitoyens. Elle a dit comprendre les frustrations exprimées et les partage en tant que résidente de Saint-Augustin qui paye aussi ses taxes municipales. La Ville plaide la saine gestion notamment en ayant réduit ses effectifs de 18 employés. Toutefois, des annonces en cour de séance du conseil pour l’obtention d’une marge de crédit additionnelle de 10M$, l’achat d’un camion de déneigement neuf de 271 000$ et l’octroi d’un contrat de 24 800$ pour la fourniture de fleurs a fait maugréer l’assistance.

«Nous faisons notre possible pour limiter les impacts financiers. Tous les efforts ont été faits avant la présentation du budget 2015, afin de couper là où c’était possible sans réduire les services aux citoyens. Mais, on ne peut pas couper 25% dans les dépenses, comme certains le suggèrent. On a une ville à gérer. On en peut pas rogner ou cesser des services, autrement il ne reste plus qu’à rendre les clés de la municipalité et s’en retourner chacun chez nous», a-t-elle illustré en appelant les citoyens à la solidarité en vue de venir à bout du dossier d’agglomération. L’année 2015 sera charnière en cette matière.

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