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01:25 30 septembre 2015 | mise à jour le: 30 septembre 2015 à 01:25 temps de lecture: 3 minutes

La situation financière précaire mise en évidence à Saint-Augustin

MUNICIPAL. Pour sortir de la précarité financière qui embrume son avenir, la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures devra relever d’importants défis et faire des choix difficiles. Après avoir grandement emprunté pour assurer son développement et maintenir une certaine qualité de services, elle sera bientôt confrontée à la nécessité de rembourser l’importante dette accumulée par la perception de revenus additionnels combinée à une diminution de ses dépenses.

Lors d’une séance d’information tenue devant une salle comble pour présenter le mode de gestion et la situation financière de la Ville, le maire Sylvain Juneau a tracé un portrait plutôt sombre. Fidèle à son habitude, il a livré une présentation axée sur la pédagogie, afin d’expliquer et bien faire comprendre les choses. Il n’avait toutefois pas d’annonce à faire quant aux attentes de plusieurs citoyens sur le futur compte de taxes foncières pour 2016. On aura une meilleure idée en novembre.

Pas nécessaire d’être devin pour saisir que l’heure est grave. «L’avenir n’est pas rose, mais il n’est pas non plus tout à fait noir. Le conseil municipal aura des décisions importantes à prendre pour redresser la situation. Ça va prendre des efforts et du temps. J’ai confiance qu’on va y arriver», précise M. Juneau en entrevue préparatoire avec les médias.

Trois problèmes relevés

Selon le maire de Saint-Augustin, la Ville est confrontée à trois problèmes majeurs qui ont contribué à sa situation précaire. Il s’agit de la croissance incontrôlée de la dette non capitalisée (donc non remboursée), du calcul dans les revenus projetés chaque année de la vente de 5M$ de terrains (jamais réalisée) et de l’augmentation importante de la facture de quote-part d’agglomération.

Ce qui le sidère, c’est que l’ancienne administration municipale avait la mauvaise habitude d’accumuler près de la moitié de sa dette non capitalisée. «Nous sommes en train de corriger la situation. Mais, cela revient à financer ses dépenses sur sa marge de crédit et de ne rembourser que les intérêts. On ne peut pas ne pas payer ses dettes si on veut croître et développer convenablement la Ville», observe M. Juneau.

Pour faire face à la situation et commencer à rembourser la dette accumulée de l’ordre de 106M$ projetée à la fin de 2015, les élus devront prendre des décisions déchirantes. Du nombre, le maire Juneau évoque de nouvelles hausses de taxes foncières pour résorber la dette astronomique qui atteint deux fois le budget annuel de la Ville. Il envisage aussi la réduction des services offerts à la population et de se départir de certaines immobilisations ou d’établir des partenariats avec le privé. Toutes les options sont envisagées à court et moyen termes.

Déficiences constatées dans la gestion municipale

-Absence de politique de fonctionnement (dette, projets, emprunts, taxation, etc.). Solution : Élaboration de façons de faire en 2016.

-Planification boiteuse de projet (impacts financiers, planification du financement, respect des coûts, suivi, etc.). Solution : Implantation d’une structure de planification de projet formelle (en cours).

-Manque de formation et d’expérience du personnel de gestion. Solution : embauche de personnel expérimenté et de mentors.

-Absence de procédures de gestion. Solution : instauration de normes standardisées pour tous les services municipaux (norme ISO).

-Méconnaissance des impacts financiers des projets notamment sur la taxation. Solution : Introduction des notions de retour sur l’investissement et de coût par activité.

Québec Hebdo

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