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12:50 4 décembre 2014 | mise à jour le: 4 décembre 2014 à 12:50 temps de lecture: 3 minutes

Oléoduc Énergie Est : nouvel allié contre le passage sous fluvial

MUNICIPAL. La période des questions de la récente séance du conseil de Saint-Augustin-de-Desmaures a révélé un nouvel allié contre le passage sous fluvial de l’oléoduc Énergie Est vers Lévis. Le citoyen Robert Branchaud a livré un exposé éloquent sur une alternative simple, qui lui a valu non seulement une ovation de l’assistance, mais aussi une invitation des élus à joindre leur comité sur l’environnement.

Il faut dire que M. Branchaud maîtrise assez bien le fonctionnement de l’industrie énergétique et ses termes techniques. Le résident du Chemin du Fleuve, qui jouit d’un excellent point de vue pour apprécier à la fois la beauté et la fragilité du Saint-Laurent, a travaillé de nombreuses années dans une grande entreprise pétrolière. Il sait de quoi il parle lorsqu’il s’avance sur le sujet.

À ses yeux, il ne faut pas se faire de fausses illusions. Le projet a beau être freiné à Cacouna, en raison de la protection des bélugas, il ira de l’avant. Le feu vert de l’Office national de l’énergie (ONE) n’est qu’une formalité. Alors, tant qu’à l’implanter, aussi bien le faire correctement. Sur des sites où ça dérangera le moins et avec des méthodes les plus sécuritaires pour les gens et l’environnement.

«Du pétrole, soutient-il, on en a encore besoin dans notre économie et pour un bout de temps. La question à poser au sujet du projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada, ce n’est pas quand, mais où. Sur ce point, il faut absolument éviter de passer sous le fleuve (underground) et privilégier un trajet aérien (aboveground). Car, un désastre écologique dans le Saint-Laurent, surtout en hiver avec les glaces, serait majeur et irrécupérable. Même avec des délais de fermeture des vannes de 10 minutes, avec l’effet de gravité, tout le pétrole contenu dans cette portion du pipeline va s’écouler dans la nature.»

Solution de rechange

De l’avis de Robert Branchaud, qui œuvre désormais en solution sécurité, les élus des villes du Québec touchées par l’éventuel passage de l’oléoduc doivent se mobiliser afin d’en faire réviser le trajet. Or, pour lui, le plus simple consisterait à suivre l’autoroute 40, comme c’est déjà le cas pour le gazoduc et la fibre optique, puis à traverser vers la rive-sud par le pont Laviolette (Trois-Rivières) ou le pont de Québec. Ainsi accroché à une structure enjambant le fleuve, le tuyau serait plus facile à surveiller.

«Il faut penser et planifier à long terme. Car, on sait comment ça fonctionne en affaires. TransCanada peut très bien développer son projet transcontinental, puis vendre son infrastructure à une compagnie privée qui cherchera à maximiser les profits en réduisant ses investissements prévention. On a vu ça notamment à Lac-Mégantic, alors que le CP a vendu une portion de rail à MMA qui a négligé ses obligations. C’est ce qu’il faut absolument éviter avec Énergie Est, tout particulièrement pour protéger le fleuve», insiste M. Branchaud, qui compte bien donner de son temps pour appuyer le comité sur l’environnement de Saint-Augustin.

Le risque d’une fuite de pétrole sous le fleuve fait craindre le pire pour le Saint-Laurent, surtout en hiver. (Photo TC Media – Archives)

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