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20:14 10 janvier 2014 | mise à jour le: 10 janvier 2014 à 20:14 temps de lecture: 3 minutes

Projet Woodfield à Sillery: les opposants se sentent trahis

Des groupes de défense de l’arrondissement historique de Sillery sont en colère. Ils dénoncent la décision du ministre de la Culture Maka Kotto, ayant donné officiellement le feu vert le 19 décembre dernier au promoteur du projet Woodfield. L’emplacement prévu empiète sur le boisé Saint-Patrick.

Le ministre Kotto a approuvé la réalisation du projet, à la condition qu’il y ait un suivi strict sur le boisé végétal et qu’il y ait reboisement et replantation d’arbres.

«Les paroles semblent démontrer de bonnes intentions, mais selon des experts en foresterie, il y a lieu d’être inquiet. Je doute de la faisabilité. J’aurais aimé aussi que le ministre [Kotto] dévoile plus de détails sur le projet. Il y a un manque de transparence», estime Paul Shoiry, porte-parole de Démocratie Québec et conseiller du district de Saint-Louis – Sillery.

De son côté, la présidente d’Héritage Québec, Johanne Elsener, se sent peu rassurée, même si le projet est soumis à des conditions. «Le ministère de la Culture n’a pas une grande expérience en conservation d’un milieu naturel. On n’a qu’à penser aux arbres abattus dans la foulée du chantier du Musée national des beaux-arts [du Québec]», cite-t-elle.

Projet «irrecevable»

Mme Elsener renchérit en soulignant que l’aspect paysager fait partie du caractère patrimonial de l’arrondissement historique de Sillery, et qu’il sera impossible pour le cimetière Saint-Patrick de reconstituer l’écran visuel existant.

«C’est un projet irrecevable qui vient en contradiction avec le décret gouvernemental de 1964, qui avait pour but d’éviter le morcellement et de préserver le couvert végétal. Le projet Woodfield va entraîner une perte de valeur patrimoniale», estime-t-elle.

Johanne Elsener a souligné l’appui politique de l’exécutif du Parti Québécois (PQ) de la circonscription de Jean-Talon dans ce dossier.

Rencontres avec le ministre Kotto

C’est le nombre de condos – 75 sur quatre étages – qui a alerté les groupes de défense de l’arrondissement historique de Sillery. «Le projet de loi 66 n’est même pas encore adopté et on gruge déjà un morceau des Grands Domaines [de Sillery]. Bientôt, il ne restera plus que Cataraqui et le Bois de Coulonge», évalue Jean-Louis Vallée, président de la Société d’histoire de Sillery.

Dans le plan de conservation de l’arrondissement historique de Sillery (du conseil du patrimoine culturel du Québec), adopté en juillet 2013, le boisé Saint-Patrick – dans lequel se développera le projet Woodfield – fait partie des zones de très grande vigilance.

Autant Héritage Québec que la Société d’histoire de Sillery, la Coalition pour l’arrondissement de Sillery, le conseil de quartier de Sillery et Québec Arbres demande au ministère de la Culture de faire marche arrière avant que les 75 condos soient construits. Ils demandent la relocalisation du projet à l’extérieur des limites de l’arrondissement historique de Sillery.

Le ministre de la Culture Maka Kotto doit rencontrer la semaine prochaine des représentants de la Coalition historique de Sillery et de la Société d’histoire de Sillery.

Groupe Québec Hebdo.

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