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20:45 31 juillet 2014 | mise à jour le: 31 juillet 2014 à 20:45 temps de lecture: 3 minutes

Des citoyens craignent l’effet domino

AFFAIRES MUNICIPALES. Réunis sur la rue Barrin à l’angle de l’avenue Eymard, des citoyens du quartier Saint-Sacrement dénoncent l’abattage de 17 arbres matures sur un terrain où se construira sous peu des jumelés par la Société immobilière Immofab. Ils réclament du même souffle une protection accrue du couvert végétal.

«On veut éviter l’abattage d’arbres de type « coupe à blanc » à Québec. On souhaite rapidement rencontrer rapidement les responsables du Service de l’environnement de Québec. (…) Les arbres sont importants pour la qualité de vie. Imaginez les autres arbres [voisins des arbres abattus], comment ils se sentent. On ne sent sur le point d’être abattus nous-mêmes», a illustré le résident du quartier Saint-Sacrement, Henri-Paul Blanchard.

«C’est un désastre écologique. Comment peut-on laisser passer ça? On n’a pas de réponse. Ça fait un gros trou dans la couverture végétale. On veut préserver notre îlot de fraîcheur. Il faut que la ville pense à la santé des citoyens, pas juste à l’argent. On a rencontré 250 citoyens, et 90% d’entre eux nous appuient», souligne Guillaume Simard, en faisant référence à lettre envoyée à l’administration Labeaume, bonifiée d’une pétition.

«On n’est pas contre la densification, mais ça doit être jumelé à l’environnement. Saint-Sacrement est l’un des secteurs les moins pollués de la ville, en raison notamment de l’abondance d’arbres matures», renchérit un autre citoyen, Michel Beaumont.

Valeur sentimentale

«Ces arbres ont une valeur de près de 16 000$. Je doute que le promoteur ait payé ce montant par arbre pour les abattre. On [la Ville] coupe les arbres pour faire plaisir au promoteur. (…) Il faut que les gens s’éveillent. On perd nos arbres centenaires à une vitesse folle. Je crois même que Montréal est rendue plus sévère dans son règlement!», lance Jean Lamontagne, expert en foresterie.

De son côté, Sylvie Garneau avoue avoir un petit pincement au cœur. «Je viens souvent sur la rue Barrin, où je suis aidante naturelle pour ma mère. (…) Il y a 50, 60 ans, ici, c’était la nature en ville. Mon père Louis-Charles et mon grand-père Orens, agronome, ont planté plusieurs arbres le long de la rue. L’abattage d’arbres me rend très émotive» confie-t-elle.

Permis

L’élu du district Montcalm – Saint-Sacrement, Yvon Bussières, soutient le cri d’alarme des citoyens. Le conseiller municipal de Démocratie Québec note que depuis la venue du maire Labeaume, il y a sept ans, le nombre de permis d’abattage d’arbres a augmenté de manière significative.

«Dans l’arrondissement de La Cité-Limoilou, on est passés de 2000 à 3500, donc de 200 à 250 permis par année. Un permis devrait inclure l’essence d’arbre, son âge et son diamètre, mais on ne possède pas ces détails pour l’instant. On devrait conserver un minimum d’arbres existants, par exemple 10%, sur le terrain. Il n’y a pas de norme à ce sujet à ma connaissance. Il faut sensibiliser le maire et s’assurer aussi d’une volonté politique», souligne M. Bussières.

Groupe Québec Hebdo.

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