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18:30 22 juillet 2014 | mise à jour le: 22 juillet 2014 à 18:30 temps de lecture: 4 minutes

L’oléoduc fait planer l’inquiétude sur les battures de Saint-Augustin

ENVIRONNEMENT – Les risques de catastrophe écologique liés au passage de l’oléoduc Énergie Est à Saint-Augustin ne préoccupent pas que résidents et agriculteurs voisins. Les défenseurs de la faune et de la flore se montrent à ce point inquiets qu’ils désapprouvent carrément l’idée d’un tel projet.

Après avoir rencontré et soumis plusieurs questions aux représentants de TransCanada, promoteur du projet de pipeline, la Fondation québécoise pour la protection du patrimoine naturel (FQPPN) n’a pas été rassurée. Les impacts d’un déversement pétrolier demeurent trop importants. Dès l’automne 2013, elle a publié un communiqué signifiant son opposition. L’organisme s’alignait ainsi au côté de groupes environnementaux comme Nature Québec et la Fondation David Suzuki.

La FQPPN craint pour l’intégrité du fleuve Saint-Laurent, mais tout particulièrement pour les 12 kilomètres de rives sous sa responsabilité. Cet espace qu’elle partage avec 150 propriétaires riverains forme la Réserve naturelle des battures de Saint-Augustin-de-Desmaures. Situé à l’ouest de la marina de Cap-Rouge et à l’est des Marais Léon-Provancher, le milieu préservé comporte presque en son centre le parc des Hauts-Fonds. L’espace vert, qui renferme des milieux humides et des forêts anciennes, a été aménagé par la FQPPN avant d’être rétrocédé à la Ville de Saint-Augustin.

«Se trouvant au cœur de l’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent, les battures de Saint-Augustin constituent un milieu de vie à la fois unique et fragile. Il s’agit non seulement d’un couvert forestier favorable à la migration faunique et en particulier des oiseaux, mais aussi d’un haut lieu de la diversité floristique. On y retrouve notamment des plantes rares susceptibles d’être désignées vulnérables et d’autres carrément menacées. C’est le cas, par exemple, de la Gentiane de Victorin ou de la Vergerette de Provancher», indique Jacques Anctil, président de la FQPPN.

Déversement

À son avis, on ne peut être certain qu’il ne surviendra pas un bris ou une fuite à l’oléoduc qui doit transporter plus d’un million de barils de pétrole par jour. «À un tel débit, note-t-il, même si les vannes sont fermées automatiquement en 10 minutes, comme l’assure TransCanada, il y aura tout de même 10 000 barils déversés dans la nature. Si cela survient près d’un milieu humide fragile ou d’un cours qui se déverse dans le fleuve, les dommages à la faune et la flore aquatique et terrestre seront majeurs.»

Pire, M. Anctil n’ose pas imager ce qu’il adviendra de la qualité de l’eau du Saint-Laurent. On y retrouve pourtant des prises d’eau potable pour les grands centres urbains que sont Québec et Lévis. «Ce sera catastrophique, car le pétrole lourd se ramasse au fond, justement où se trouvent les prises d’eau. Et, avec le jeu des courants et des marées, cette soupe polluante sera constamment brassée et fragmentée. Rien pour en faciliter la récupération complète et rapide», prétend-il.

Tracés

Comble de désarroi pour le président de la FQPPN, les deux tracés initiaux ainsi que le tracé révisé de l’oléoduc passent tous à proximité des battures de Saint-Augustin, avant de plonger sous le fleuve pour rejoindre la Rive-Sud. L’organisme de protection de la nature entend se faire entendre auprès de l’Office national de l’énergie (ONE), qui doit approuver le projet, pour réclamer que sa réserve naturelle soit évitée et que le pipeline passe ailleurs.

«Toutefois, l’espoir est mince d’émouvoir l’instance fédérale reconnue pour son penchant favorable au développement économique. Quelques plantes rares adaptées à ce secteur unique, au début de l’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent, pèseront peu lourd dans l’évaluation d’un projet d’investissement de 12G$», estime Jacques Anctil en terminant.

Préoccupations de la FQPPN

-Risques potentiels d’incidents qui ne peuvent être éliminés à 100% lors du transport pétrolier par oléoduc.

-Risques de contamination des eaux des bassins versants et des prises d’eau potable de Québec et de Lévis.

-Risques pour les habitats sensibles et les espèces en péril de la Réserve naturelle des battures de Saint-Augustin.

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