L'Appel
07:18 12 octobre 2021 | mise à jour le: 15 octobre 2021 à 15:12 Temps de lecture: 4 minutes

Moratoire sur la construction dans le secteur des campus

Moratoire sur la construction dans le secteur des campus
Photo: Métro Média François CattapanÀ l’instar des immeubles voisins, le promoteur Louis Deslauriers souhaite convertir l’ancien centre Microtec en complexe multirésidentiel.

MUNICIPAL. Voulant éviter un développement excessif dans le secteur des campus, la Ville de Saint-Augustin a émis un moratoire sur les futures activités de construction. L’intention consiste à marquer une pause, le temps de redéfinir le plan d’urbanisme et d’adapter les attentes aux capacités des infrastructures.

C’est dans cette optique que le conseil municipal a adopté un règlement de contrôle intérimaire (RCI) applicable à une partie du secteur est de son territoire. La décision vise à procéder aux études et aux analyses nécessaires, en vue de la planification et de l’instauration d’un encadrement réglementaire pour garantir la qualité de vie des résidents. La Ville veut évaluer la capacité du réseau d’égouts sanitaire et pluvial, du réseau d’aqueduc, ainsi que du réseau routier et de la densité d’occupation.

Dans l’intervalle, une plateforme de consultation citoyenne intitulée «VSAD Je participe!» a été instaurée. Les personnes intéressées peuvent soumettre leurs commentaires et opinions dans le site Internet de la Ville jusqu’au 29 octobre. À noter que les élus augustinois se montrent préoccupés depuis un certain temps quant aux permissions qui ont été accordées par le passé aux promoteurs immobiliers. Il faut dire que ce promontoire offrant des perspectives sur le fleuve, sinon le lac Saint-Augustin et les Laurentides s’avère très recherché.

«Il faut prendre le temps de bien analyser la situation. Car, les projets à haute densité amènent des contraintes et une pression sur les services municipaux. Une pause est requise afin de réfléchir aux enjeux spécifiques et de réviser le plan d’urbanisme applicable au secteur est. Cela inclut un gel des projets de construction jusqu’à ce que le conseil statue sur la suite des choses», font valoir le maire Sylvain Juneau et une majorité de conseillers municipaux.

Ancien Microtec en attente

Ce revirement de situation a surpris et déçu Louis Deslauriers, président des Immeubles SteFel. Son intention de redonner un peu d’amour au bâtiment presque désert ayant abrité l’entreprise Microtec, sur la rue Saint-Félix, se voit contrecarrée. Inscrit au registre des lobbyistes, il avait entrepris des démarches auprès de la Ville pour présenter son projet et obtenir une modification au zonage. Celui-ci autorise uniquement du commercial, alors que le souhait est d’y ajouter quelques étages de logements.

«Je trouve ça dommage parce que le moratoire s’adresse pratiquement juste à moi. Les autres développeurs ont déjà les autorisations nécessaires pour poursuivre leur projet par phases. En plus, j’ai en main un rapport expert qui confirme que la vocation strictement commerciale a peu de potentiel dans ce secteur dortoir. Néanmoins, la future construction comporterait divers services au rez-de-chaussée, comme un dépanneur et une garderie. Et puis, pour la question de l’engorgement des réseaux d’aqueduc et égout, elle ne s’applique pas à mon bâtiment puisqu’il est raccordé vers Cap-Rouge», explique M. Deslauriers.

Le promoteur se réjouit tout de même d’avoir l’occasion de soumettre son point de vue par le biais de l’actuelle consultation citoyenne en ligne. Celui qui peaufine son projet multirésidentiel depuis près de sept ans ne veut pas brusquer la Ville. Par contre, il veut aboutir à une solution pour l’avenir de son ancien centre commercial quasi vacant. Selon lui, cela passe inévitablement par la démolition pour rebâtir du logement. Ce rare site donnant encore une vue sur le fleuve dans le secteur mérite, à son avis, d’être revitalisé efficacement.

«L’immeuble désuet actuel évalué à 1,5M$ rapporte environ 55 000$ en taxes municipales. Ce revenu foncier serait largement augmenté avec un investissement potentiel de 35 à 50M$, pour y ériger quelque 300 logements.» – Louis Deslauriers, président des Immeubles SteFel

Comptant quelques occupants, le centre commercial de la rue Saint-Félix serait démoli pour faire place à un projet mixte commercial et résidentiel. Photo Métro Média François Cattapan

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