L'Appel
07:19 7 juin 2021 | mise à jour le: 7 juin 2021 à 08:33 temps de lecture: 4 minutes

Piste cyclable contestée à Cap-Rouge

Piste cyclable contestée à Cap-Rouge
Divers commerçants à domicile (coiffure, esthétique, garderies et services professionnels) craignent la perte de stationnement sur la Promenade-des-Sœurs. /Photo Métro Média – François Cattapan

MOBILITÉ. Des commerçants et propriétaires de la Promenade-des-Sœurs, à Cap-Rouge, s’inquiètent de voir poindre un projet de piste cyclable. Le hic ne réside pas dans le passage éventuel de cyclistes devant chez eux puisqu’il existe déjà un corridor qui leur est réservé du côté est de la rue. L’irritant se trouve plutôt dans le fait que la Ville prévoit en implanter un second du côté ouest de l’artère qui relie la route Jean-Gauvin au boulevard de la Chaudière.

Parlant au nom de plusieurs résidents médusés, mais surtout des travailleurs autonomes qui ont pignon sur rue et paient des taxes commerciales, la coiffeuse Nathalie Beaupré déplore être placée devant le fait accompli. «On nous a présenté le projet en conférence Zoom, en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une consultation publique. Les représentants de la Ville nous ont clairement indiqué que la décision de procéder était prise. Nos visiteurs n’auront qu’à se stationner plus loin et marcher.»

Celle qui pratique son métier à domicile depuis près de 35 ans craint de subir des pertes financières. À son avis, une partie de sa clientèle relativement âgée ne voudra pas déambuler sur une longue distance. Elle anticipe également des problèmes d’accès important aux garderies établies sur l’artère. Sans oublier les difficultés à recevoir des services, des livraisons ou simplement des visites familiales à domicile.

«L’équipe d’entretien de la pelouse, ou les livreurs de mobilier, ou encore les amis et parents avec le déconfinement, ils vont se stationner où?», demande Mme Beaupré. Heureuse de reprendre le travail après sept mois d’arrêt forcé par la pandémie, la coiffeuse trouve qu’on lui met des bâtons dans les roues. Si le projet va de l’avant des deux côtés de sa rue, elle songe à faire une demande de dérogation afin de pouvoir ajouter un stationnement sur son terrain. Adieu arbre et verdure!

Mise aux normes nécessaire

Du côté de la municipalité, on répond que l’aménagement actuel d’une bande cyclable bidirectionnelle sur la Promenade-des-Sœurs date d’une autre époque. Elle ne répond plus aux normes. Sa largeur de 1,6 mètre pour deux directions doit être bonifiée à 1,5 mètre dans chaque sens. Il s’agit d’un enjeu de sécurité en lien avec le partage de la chaussée avec les automobilistes. À cet égard, d’autres citoyens auront des surprises, car la mise à niveau de ce type de marquage doit s’effectuer sur l’ensemble du territoire.

«L’aménagement d’un lien cyclable d’un seul côté de la rue obligerait l’interdiction de stationner à l’année sur l’entièreté du tronçon. On doit donc opter pour des bandes cyclables unidirectionnelles de chaque côté de la chaussée. En raison de l’étroitesse de l’emprise par endroit, la portion entre les rues des Chasseurs et Jean-Charles-Cantin se verra néanmoins interdite de stationnement à l’année. Pour les autres tronçons, le stationnement reviendra d’un côté de la rue entre novembre et avril. En fonction de la période, il faudra se stationner dans les rues à proximité si l’entrée privée est occupée», explique David O’Brien, responsable des communications à la Ville de Québec.

Selon des évaluations municipales, le taux d’occupation des stationnements sur ce tronçon de la Promenade-des-Sœurs est estimé à 2% en moyenne. De plus, pratiquement toutes les rues avoisinantes permettent le stationnement sans contraintes de temps ou d’horaire. La Ville considère donc que l’impact sur le stationnement s’avère moins important que l’impact sur la sécurité des usagers de la rue qui doit primer.

Interdiction de stationner sur Promenade-des-Soeurs

  • À l’année du côté est de l’artère et de mai à octobre du côté ouest.
À la Ville, on assure vouloir atténuer les irritants, mais dans ce cas-ci aucune autre option d’aménagement n’est possible dans l’espace disponible. /Photo Métro Média – François Cattapan

Québec Hebdo

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Commentaires 1

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  • Madeleine Dorval

    L’utilisation de cette piste cyclable ne justifie pas cet ajout. Allez calculer combien de cyclistes circulent sur cette piste et combien il y a de croisements de cyclistes dans une journée, à part à l’heure de rentrée et de sortie d’école. Compte tenu de la largeur de la rue, ce qui resterait pour la circulation causerait plus de problèmes avec l’augmentation d’habitants, dû aux appartements coin Onésime-Voyer.
    Du grand n’importe quoi, « by the book », sans réfléchir aux conséquences pour les commerces. Les proprio vont agrandir leur espace stationnement. Et, c’est encore la planète qui écope pour répondre à un besoin qui n’existe que dans vos cahiers de procédures.
    Quand le gros bon sens va-t-il être mis de l’avant? Et le coût de tout ça? Ça ne passerait pas aux votes si on expliquait la décision. Les gens connaissent la situation, mais il semble que les fonctionnaires ne la connaissent que dans leur cahier de procédures. Je n’habite pas sur la Promenade-des-Soeurs et j’utilise la piste, donc mon jugement vaut bien celui des fonctionnaires.