L'Appel
07:40 10 janvier 2021 | mise à jour le: 8 janvier 2021 à 09:47 Temps de lecture: 3 minutes

Découvertes de l’Université Laval mises en lumière

Découvertes de l’Université Laval mises en lumière
Photo: MRPLe responsable de l'étude sur le rôle des bactéries intestinales dans le diabète, André Marette, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval. /Photo gracieuseté – Marc Robitaille

EXPERTISE. Des chercheurs de l’Université Laval figurent en bonne place dans le 28e palmarès annuel du magazine Québec Science. En effet, ils sont cités pour avoir réalisé deux des 10 découvertes considérées les plus importantes de 2020. Il s’agit de la démonstration du rôle potentiel des bactéries dans le développement du diabète de type 2, ainsi que de la capacité du phytoplancton à croître en plein cœur de l’hiver arctique.

Bactéries vs diabète

En mars dernier, une équipe dirigée par André Marette, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche de l’IUCPQ, a rapporté dans la revue Nature Metabolism que le sang, le foie et certains dépôts de graisses abdominales de personnes diabétiques présentent une signature bactérienne différente de celle observée chez les non-diabétiques.

Les chercheurs ont fait cette démonstration à l’aide d’échantillons de sang et de tissus de personnes atteintes d’obésité sévère. Les prélèvements ont été effectués alors qu’elles subissaient une chirurgie bariatrique.

Selon les chercheurs, ces bactéries proviennent probablement de l’intestin puisque l’étanchéité de la barrière intestinale est réduite chez les personnes obèses. En traversant, les bactéries déclenchent un processus inflammatoire. Celui-ci empêche l’insuline de remplir son rôle et mène au diabète. Cette découverte pourrait favoriser de nouvelles stratégies de lutte au diabète basées sur la modification de la composition du microbiote.

Phytoplancton arctique

Les scientifiques ont longtemps cru que le phytoplancton ne pouvait croître en hiver dans l’océan Arctique, en raison du couvert de glace et de l’absence de lumière. Cette idée a été mise à mal par des chercheurs de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval et de l’Unité mixte internationale Takuvik, dans un article publié par la revue Science Advances.

Dans cet article, les chercheurs Achim Randelhoff, Léo Lacour, José Lagunas, Gérald Darnis, le regretté Louis Fortier, Marcel Babin et leurs collègues du CNRS ont montré que le phytoplancton se développe dès février dans les eaux arctiques. Ils ont fait cette démonstration grâce aux données récoltées par des profileurs déployés dans la mer de Baffin pendant deux ans. Ces appareils ont enregistré des données biogéochimiques et optiques sur l’environnement marin jusqu’à des profondeurs de 1000 mètres.

L’hiver arctique ne serait donc pas une période de dormance pour ces organismes à la base de la chaîne alimentaire marine. La croissance hivernale pourrait en fait être la clé de la survie de ces minuscules végétaux, qui font preuve d’une phénoménale capacité à capter le moindre photon qui se rend jusqu’à eux.

Le stagiaire postdoctoral au Département de biologie de l’Université Laval et premier auteur de l’étude sur le phytoplancton arctique, Achim Randelhoff. /Photo gracieuseté – Arild Sundfjord

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