Économie
07:48 28 octobre 2020 | mise à jour le: 22 octobre 2020 à 17:44 temps de lecture: 5 minutes

Ferme Sanglier des Bois: le défi de la vente de viande d’élevage en temps de pandémie

Ferme Sanglier des Bois: le défi de la vente de viande d’élevage en temps de pandémie
Photo: gracieusetéLes animaux de la Ferme Sanglier des Bois sont élevés à l’air libre, dans de vastes enclos.

ÉCONOMIE. Pour souligner son 20e anniversaire d’existence, la Ferme Sanglier des Bois n’a pas eu de cadeau. Au contraire, l’entreprise familiale de Saint-Augustin a été confrontée à la nécessité de revoir ses opérations et réorienter sa production vers une nouvelle clientèle. Rapidement, elle a été appelée à mettre en application le proverbe qui veut que: la nécessité est la mère de l’invention.

Nathalie Laroche et Charles Fortier ont lancé leur ferme d’élevage de sangliers, dans le cadre d’un projet d’études en génie agroenvironnemental.

En raison du contexte induit par la pandémie de Covid-19 et du ralentissement majeur du marché des restaurants, il devenait vital de développer la vente au détail. C’est ce que les copropriétaires Charles Fortier et sa conjointe Nathalie Laroche, aidés de leurs quatre enfants, se sont ingéniés à faire. Conscients des risques qui planaient sur leur roulement, ils ont mis sur pied un site transactionnel permettant de vendre en ligne leurs produits uniques. Ceux-ci peuvent être cueillis sur place, dans le rang du Petit-Capsa, ou expédiés à la grandeur du Québec et même dans les provinces voisines.

«Ayant atteint les plus hauts niveaux de qualité dans notre exploitation, nous avons été en quelque sorte victimes de notre succès. Jusqu’en mars 2020, notre modeste production était entièrement destinée à la restauration. Il a donc fallu se revirer de bord, comme on dit, et trouver de nouveaux débouchés. Il était hors de question de baisser les bras et de sacrifier nos bêtes. Alors, on s’est retroussé les manches et on a vite mis en place des solutions», raconte l’éleveuse.

Les quatre enfants du couple d’éleveurs, dont Viviane ici au paillage, contribuent aux soins des animaux.

Voir les ventes tomber presque à zéro du jour au lendemain, tout en anticipant que la crise s’annonce longue, n’a rien de réjouissant. Le couple qui travaille à l’extérieur à temps plein et s’occupe de sa ferme matin, soir et fin de semaine a bénéficié du soutien de ses proches et de la famille élargie. Tout a dû être fait pour transiter de la vente exclusive à celle au détail. Outre la boutique en ligne, il fallait voir à la promotion, l’emballage, l’étiquetage, la conservation, l’expédition, les permis requis et même la confection de certains produits préparés (bacon, creton, saucisses, terrine, etc.).

«Nous faisons aussi face au défi additionnel consistant à faire connaître les particularités de la viande de sanglier. Il faut contrer le mythe du goût fort et ferreux propre à d’autres gibiers, ce qui n’est pas du tout le cas. Pour ce faire, nous avons élaboré plusieurs recettes sur notre site Internet, bien qu’il suffise de simplement la griller pour découvrir ses riches saveurs. En plus du grossiste Canabec, il est possible d’en faire l’essai au IGA Les Sources de Cap-Rouge. Le propriétaire a eu la gentillesse de nous offrir une portion de comptoir de sa boucherie, pour présenter diverses coupes», précise Nathalie Laroche.

Projet étudiant devenu grand

Le propriétaire du IGA Les Sources de Cap-Rouge réserve une portion de comptoir en boucherie, pour faire connaître les produits de la Ferme Sanglier des Bois.

C’est au printemps 2000 que les premiers mètres de clôture ont été installés sur la terre familiale inexploitée à Saint-Augustin. «Nous avons démarré l’élevage avec cinq sangliers au cours de nos études en génie agroenvironnemental, dans le cadre d’un projet étudiant. Ayant eu la piqûre pour cet élevage particulier, nous n’avons jamais cessé de développer notre entreprise agricole familiale. Aujourd’hui, la ferme accueille 30 laies en reproduction et quelques centaines de sangliers élevés en liberté pour desservir la région de Québec en venaison», relate la cofondatrice.

Plusieurs éléments de fierté ont été acquis en cours de progression. D’abord, le fait que les quatre enfants âgés de 10 à 16 ans partagent la même passion que leurs parents et contribuent tous activement aux soins des animaux et à la vente des produits. Aussi, la Ferme Sanglier des Bois détient la certification que son élevage est pur et non croisé avec le porc. Enfin, aspect qui a fait sa réputation auprès des meilleures tables de la région, l’entreprise familiale a été l’une des rares à décrocher l’attestation «Grands gibiers du Québec». Un élément qui témoigne d’une gestion axée sur la qualité et, surtout, d’une grande sensibilité des éleveurs pour le bien-être des animaux.

Pour plus d’information ou faire une visite virtuelle: www.sanglierdesbois.ca.

«Nous sommes passés de 100% des commandes en restauration à zéro. Il a fallu convertir nos opérations vers la vente au détail en ligne.» – Nathalie Laroche, copropriétaire de la Ferme Sanglier des Bois

Le sanglier est une viande au goût riche, qui se rapproche davantage du bœuf et du porc, que des autres gibiers comme le chevreuil et le wapiti.

Québec Hebdo

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