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07:52 4 septembre 2019

Pas facile pour les affaires dans le parc industriel Carillon à Québec

Pas facile pour les affaires dans le parc industriel Carillon à Québec
L’accès à la rue Einstein est maintenu, malgré de nombreux détours. (Photo Métro Média – François Cattapan)

Le chantier d’élargissement de l’autoroute Henri-IV a de lourds impacts

TRAVAUX ROUTIERS. Chaque chantier sur le réseau routier a ses impacts sur les commerces avoisinants. Toutefois, le méga projet d’élargissement de l’autoroute Henri-IV perturbe fortement et pour une longue période les opérations des entreprises implantées sur les rues Einstein et John-Molson. Le récent effondrement d’un viaduc en construction n’est rien pour améliorer la situation.

De façon générale, toutes les entreprises du parc industriel Carillon et, dans une moindre mesure, celles du parc technologique de l’autre côté de l’autoroute 73 sont touchées à différents niveaux dans leurs opérations. Dans certains cas, c’est l’accès des employés qui se trouve compliqué, alors que dans d’autres ce sont les aspects d’approvisionnement et de distribution qui sont perturbés. Le pire est cependant vécu par les commerces de détail et particulièrement les concessionnaires automobiles.

Il n’est pas évident de se rendre chez les commerçants de la rue Einstein ces temps-ci. (Photo Métro Média – François Cattapan)

La situation complexe est confirmée auprès de l’ensemble des bannières qui ont pignon sur la rue Einstein, soit Audi, Infiniti, Mitsubishi et Nissan. Plusieurs font des pieds et des mains durant le chantier pour attirer la clientèle avec divers services bonifiés et promotions, comme le lavage de l’auto ou la récupération de celle-ci au lieu de travail. La baisse d’achalandage se fait davantage sentir du côté du magasinage.

«On traverse assurément une année difficile pour la vente de véhicules neufs. Avec le viaduc qui est tombé, plusieurs acheteurs potentiels vont voir ailleurs. L’accès au secteur s’avère plus difficile que jamais et les indications de détour ne sont pas très efficaces. On a déposé plusieurs plaintes durant l’été et des ajustements ont été apportés, mais ça ne semble pas suffisant», observe Carl Latulippe, directeur général chez Sainte-Foy Nissan, qui lui-même met 45 minutes plutôt que 15 pour se rendre au travail.

Comble de malchance, l’entreprise en affaires depuis 20 ans a vu ses plans de déménagement contrecarré récemment. Un incendie s’est déclaré dans le local convoité de l’ancien centre de distribution Ikea dans le parc Colbert. «Ça ajoute aux embûches qui s’accumulent sur notre route. Heureusement, les dommages ont été limités à la toiture. On devrait pouvoir intégrer nos nouvelles installations en février 2020», relate M. Latulippe, qui ne cache pas que les perturbations du méga chantier routier d’Henri-IV ont contribué à précipiter la décision d’affaires.

Enquête en cours

L’effondrement d’un viaduc a empiré la situation. Pendant l’enquête, cette portion du chantier est fermée et les travaux n’avancent plus. (Photo Métro Média – François Cattapan)

Du côté du ministère des Transports du Québec (MTQ), la porte-parole Émilie Lord indique que le calvaire des commerçants du parc industriel Carillon devrait s’atténuer prochainement. En effet, l’échéancier pour l’échangeur qui y mène est fixé à la fin 2019. Or, l’effondrement du viaduc qui passe au-dessus d’Einstein sème l’incertitude. «Pour l’instant, nous collaborons avec la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui mène l’enquête sur place. Les travailleurs n’ont pas accès à cette portion du chantier et celle-ci reste fermée jusqu’à nouvel ordre», précise-t-elle, sans pouvoir s’avancer sur les répercussions du retard des travaux.

Pour sa part, le directeur général chez Audi Sainte-Foy, Marc Gauvin, préfère rester optimiste. «Nous sommes d’éternels positifs, philosophe-t-il, même si ce n’est pas évident. Avec la chute du viaduc, les gens pensent à tort que l’accès est bloqué. Il y a inévitablement un impact sur nos ventes. Néanmoins, nos clients fidèles continuent de venir, bien qu’ils se plaignent des nombreux détours. On s’encourage en se disant qu’une fois le chantier d’élargissement de l’autoroute complété, ce sera merveilleux. En plus, notre commerce sera bien en vue, en bordure de la nouvelle bretelle.»

Débuté en 2018, l’élargissement de l’autoroute Henri-IV doit s’échelonner sur cinq ans. (Photo Métro Média – François Cattapan)

Reste qu’un mélange d’exaspération et de résignation semble assez généralisé chez les entreprises avoisinantes. C’est le cas pour Meubles Léon, où on déplore une forte baisse d’achalandage. La situation a carrément empiré à la suite de l’effondrement récent du viaduc. Même son de cloche du côté de Molson-Coors. Selon le responsable des relations publiques, François Lefebvre, «chaque fois qu’il y a d’importants chantiers routiers près de nos centres de distribution, nos routes d’approvisionnement sont affectées. Ça complique les opérations, car nos livreurs ont des horaires à respecter». Bref, plusieurs ont déjà hâte à l’hiver, alors que les travaux marqueront une pause.

Bon à savoir sur ce méga chantier

  • Les travaux ont débuté en 2018 et s’échelonneront en cinq phases jusqu’en 2023.
  • Le coût du projet s’élève à 291M$, dont 128M$ provenant de Chantiers Canada.
  • Objectif: améliorer l’efficacité de cet axe stratégique où circulent plus de 100 000 véhicules chaque jour.

Québec Hebdo

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