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Logements sociaux réclamés à Sainte-Foy–Sillery

Pour Véronique Laflamme, du FRAPRU, et Cheryl-Ann Dagenais, du CLAL ouest de Québec, la situation de Sainte-Foy–Sillery préoccupe particulièrement. (Photo Métro Média – François Cattapan) Photo:

Plus du tiers des locataires vivent dans la précarité

HABITATION. Perçu à tort comme un secteur exempt de pauvreté, Sainte-Foy–Sillery se hisse au premier rang dans l’agglomération de Québec pour les ménages qui consacrent plus du tiers de leurs revenus au loyer. Une situation que les groupes sociaux demandent aux décideurs municipaux, provinciaux et fédéraux de corriger. S’y étant déjà tous engagés, le temps est venu de passer de la parole aux actes.

Même si la situation s’est modestement améliorée depuis 2011, il reste beaucoup de travail à faire. S’appuyant sur les données locales tirées du Dossier noir sur le logement et la pauvreté rédigé à partir des statistiques du recensement 2016, le Comité logement d’aide aux locataires (CLAL) de l’ouest de Québec et le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) sonnent l’alarme. Leurs porte-parole sont préoccupées de voir que 5475 des 14 650 ménages locataires (37% à Sainte-Foy contre 31% à Québec) consacrent plus de 30% de leur revenu pour se loger.

«Pire, déplore Véronique Laflamme, du FRAPRU, 16% des ménages locataires fidéens dédient plus de la moitié du revenu familial au loyer. Parmi eux, on en dénombre même plus de 1000 qui se retrouvent dans la situation extrême d’y affecter 80% de leur budget mensuel. Après avoir payé le chauffage et les services, il ne reste plus rien et le recours aux banques alimentaires devient incontournable pour se nourrir.»

Cet enjeu social touche essentiellement des groupes vulnérables composés de gens seuls, d’aînés, de mères monoparentales, d’étudiants et d’individus vivant avec une déficience physique ou mentale. Ce qui fait dire à Cheryl-Ann Dagenais, du CLAL ouest de Québec, que «le marché privé ne peut clairement pas répondre aux besoins des ménages locataires à revenus insuffisants. Il faut impérativement davantage de logements sociaux et de coopératives d’habitation à Sainte-Foy et Sillery».

Rattrapage à faire

Les deux organismes profitent de l’occasion pour interpeller les gouvernements à la veille du dépôt de leur budget annuel. «Malgré les besoins criants, le programme conjoint AccèsLogis n’a permis de livrer que 730 nouveaux logements sociaux au Québec dans la dernière année sur les 3000 promis. Autant le fédéral, en année électorale, que le provincial, nouvellement élu en promettant de faire mieux pour les familles, ont les moyens d’améliorer les choses», estime Mme Laflamme.

Du côté de Sainte-Foy–Sillery, le problème ne réside pas dans la faiblesse du revenu familial des ménages locataires, qui est égal ou supérieur à la moyenne régionale. Il s’explique plutôt par le fait que les loyers y sont beaucoup plus élevés. «La Ville de Québec et l’arrondissement doivent reconnaître cette réalité et intervenir en créant notamment une réserve de terrains destinés à du logement social et coopératif. Cela permettra de contrer la spéculation inflationniste et de planifier les interventions, au lieu d’agir au compte-gouttes», allègue Mme Dagenais.

Plus de 37% des ménages locataires fidéens dédient plus du tiers de leur revenu pour se loger, alors que la proportion est de 31% dans l’agglomération de Québec. (Photo Métro Média – François Cattapan)

Selon les deux militantes, la situation précaire locale résulte de décennies de négation de l’existence de pauvreté sur un territoire perçu comme à l’aise et privilégié. De ce fait, les administrations municipales refusaient d’autoriser la construction de logements sociaux associés à la création de ghettos. Les récents grands projets immobiliers ont aussi très peu prévu d’unités pour les ménages à faible revenu, ce qui contribue à maintenir une pression à la hausse sur les loyers privés.

«Pourtant, la Ville dispose des pouvoirs pour imposer un nombre minimal de logements sociaux dans les nouveaux projets multilocatifs. Hélas, il n’y a rien eu de tel du côté de l’effervescente route de l’Église et on n’en attend pas davantage avec le futur Phare. Or, si Montréal arrive à le faire, Québec peut certainement s’y mettre. Surtout à Sainte-Foy, où on dénombre à peine 100 unités à loyer modique depuis 10 ans. Il y a du rattrapage à faire», insistent Mmes Dagenais et Laflamme.

Données révélatrices sur le secteur Sainte-Foy–Sillery

  • Logements loués 14 650 (53,5%) vs logements possédés 12 725 (46,5%)
  • 5475 ménages (37,4%) consacrent plus de 30% du revenu au loyer
  • 2330 ménages (15,9%) consacrent plus de 50% du revenu au loyer
  • 1120 ménages (7,7%) consacrent plus de 80% du revenu au loyer

Métro Média

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