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20:00 9 janvier 2019

Joseph Gagnon seul contre l’océan Atlantique

Joseph Gagnon seul contre l’océan Atlantique
Photo: (Photo gracieuseté – Jean-Sébastien Veilleux)Malgré ses 21 ans, le jeune homme issu d'une famille de navigateurs n'en est pas à sa première traversée océanique.

Préparation d’une traversée du Canada vers la France en solo à la rame

AVENTURE. Jeune homme courageux et déterminé, Joseph Gagnon s’avère un autre exemple que le décrochage n’est pas une fin en soi. Celui qui avoue avoir connu son lot de difficultés durant son parcours scolaire s’apprête à réaliser le rêve qui l’a ramené sur les bancs d’école. Il s’entraîne en vue d’effectuer en solo, l’été prochain, la grande traversée de l’océan Atlantique à la rame.

Après avoir connu une adolescence peu reluisante sur le plan académique, l’athlète originaire de Saint-Jean-Port-Joli devenu résident de Sainte-Foy durant ses études supérieures a trouvé la motivation dans sa passion pour la navigation. Celle-ci s’est ancrée à la suite d’une traversée à la voile en famille entre le pays de son père canadien et de sa mère française. Il veut refaire le trajet seul pour unir sa double nationalité.

«C’est important pour moi, car la symbolique est déterminante. Bien sûr, il y a l’aspect du retour dans le sillon de mes racines familiales. Mais, plus encore, cette aventure représente le cumul de tous les efforts que j’ai consacrés à persévérer dans mes études et à me réaliser dans la vie. Il vient de là mon grand désir de réussir», explique celui qui a retrouvé l’intérêt d’apprendre par la navigation. Aujourd’hui, il compense son passé difficile au secondaire en menant de front une formation collégiale en soins préhospitaliers et une autre universitaire en marketing internationale.

À peine âgé de 21 ans, Joseph en sera à sa troisième traversée de l’Atlantique en bateau. Outre la première effectuée avec ses parents en 2012, il s’est inspiré de Mylène Paquette, la navigatrice solitaire et amie de la famille, ainsi que de ses parents qui cumulent cinq traversées océaniques à la voile, pour se lancer à son tour à l’assaut des flots marins. Avec son coéquipier Brian Conville, il a déjà tenté de rejoindre à la rame les côtes de l’Irlande durant l’été 2017. Comble de malheur, leur embarcation a chaviré durant une tempête à quelques centaines de milles nautiques de leur objectif… et d’un record Guiness.

Plutôt que de le décourager, ce naufrage si près du but l’a convaincu de se retrousser les manches et refaire ses devoirs pour revenir à la charge en solitaire. «À toute mésaventure, il y a un enseignement positif à tirer. Je peux effectivement me réconforter à l’idée d’avoir vécu l’expérience du pire scénario. Habituellement, relate-t-il, un petit navire se redresse de lui-même après avoir chaviré, mais ça n’a pas été le cas parce que l’eau s’est engouffrée alors que nous alternions à la barre. Cette malchance ne m’empêche pas d’avoir pleinement confiance en mes capacités de ramer et de m’orienter en mer.»

En plus de réaliser un exploit personnel, Joseph Gagnon souhaite servir d’exemple de persévérance pour les jeunes qui connaissent des difficultés scolaires comme lui.

Encadrement et préparation

C’est fort de cette expérience qu’il a décidé de tenter l’aventure en solitaire. Afin de mener son embarcation à bon port, entre St-John’s (Terre-Neuve) et Noirmoutier en France, il sera suivi de près. Sa progression sera observée par toute une équipe: routeur météo, médecin, équipe de communication, comité de la commune de Noirmoutier et ministère des Sports français. La durée de la traversée variera en fonction des conditions météorologiques, mais Joseph espère la compléter en moins de 50 jours.

L’adepte de la pagaie confie être déjà très avancé dans sa préparation. «Je m’entraîne en salle et avec un rameur. En plus, je suis inscrit dans un programme d’études qui me fait travailler physiquement. Je me prépare psychologiquement aussi. Il faut apprendre à faire avec les blessures et garder le moral pendant toute la traversée. Je prévois donc photos, lecture, musique, mémos vocaux de la famille et des amis. Je planifie aussi ce que je dois amener sur le bateau: médicaments, nourriture lyophilisée, désalinisateur pour pouvoir boire de l’eau, etc.», explique-t-il de façon très structurée.

Afin de financer son projet, l’athlète décidé lancera sous peu une vaste campagne de sociofinancement. «L’argent servira à assurer la réussite de ce projet, mais aussi à venir en aide aux écoles primaires et secondaires qui œuvrent auprès d’élèves en difficulté. Cette cause me tient à cœur et j’aimerais bien, à mon retour, proposer des conférences en milieu scolaire portant sur la détermination, la persévérance et la résilience. Une façon de livrer un message d’espoir que la motivation et la passion permettent de réaliser de grandes choses», conclut ce jeune modèle d’inspiration.

Un pourra encourager et suivre l’évolution du périple de Joseph Gagnon sur le site Internet qui y est dédié…

Double défi

-Physique: pour être capable de ramer pendant 40 à 50 jours.

-Psychologique: pour surmonter la solitude au milieu de nulle part.

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