Communaute
18:38 25 avril 2014 | mise à jour le: 25 avril 2014 à 18:38 temps de lecture: 3 minutes

Les ailes de Florence Papillon

RÉCIT DE VIE – «J’ai eu les ailes de papillon brisées, déchiquetées, brûlées… et puis, on pardonne, on balaie en arrière, on regarde en avant et on obtient au-delà de ce qu’on espérait», confie celle qui porte si bien son nom, Florence Papillon. À 83 ans, avec des ailes colorées qui rayonnent partout autour d’elle en s’attirant des regards émerveillés, elle est prête à voler encore bien haut, «jusqu’à 105 ans, en santé!», lance-t-elle avec une rieuse conviction.

Elle a matière à être occupée au moins jusqu’à cet âge-là, assurément. Peintre et professeure de peinture à son école Le Studio Mille Fleurs, auteure et illustratrice à ses heures, membre de la Chorale des aînés de Charlesbourg, hôtesse d’une maison d’accueil, mère, grand-mère et arrière-grand-mère plus d’une fois, voyageuse dans l’âme…: Mme Papillon se plaît trop à virevolter pour penser à se poser bientôt. En mai, elle s’envolera pour l’Europe pour des vacances bien méritées.

Cocon familial

«J’ai beaucoup d’énergie, admet-elle, et j’ai beaucoup d’amour pour ceux qui ont des besoins. C’est ma vocation.» Une vocation qui, depuis près de 30 ans, a notamment pris la forme de la Résidence maison Papillon. Au fil des années, Florence Papillon y a accueilli étudiants, aînés et, même, convalescents dont elle a pris soin. «On est préparé à notre insu à des choses qu’on aura à faire», mentionne celle qui, jeune femme, a eu l’occasion de suivre un cours de premiers soins dans le cadre de son emploi au sein de la Dominion Corset. La dame ne croit pas au hasard; elle a la foi.

Aujourd’hui, la Limouloise d’origine héberge quatre résidents passés la cinquantaine, qui apprécient se retrouver ensemble comme «une petite famille». Elle-même est issue d’une famille heureuse, entre autres bercée par le sens d’humour d’un père sergent-détective. «Notre première enfance nous construit pour le reste de notre vie», énonce-t-elle comme si son sourire accroché aux lèvres ne la trahissait pas d’emblée.

«Si quelqu’un a besoin de quelque chose, il vient m’en parler, poursuit-elle à propos de ses locataires. J’aime la communication avec les gens, quels qu’ils soient.» «Communication» et «compréhension» reviendront d’ailleurs souvent au fil de la conversation.

Envolées artistiques

Ce plaisir de la communication, elle le cultive jusque dans sa peinture, un art capable de capter la pensée avant le langage. Les murs de sa maison sont ornés de toiles qui portent son prénom – un discret «Florence», à l’image de cette femme qu’on sent humble. Humble malgré ses 17 toiles vendues en Europe, où sa passion pour la peinture l’a menée à huit reprises pour y exposer ses oeuvres en compagnie de ses élèves. Surtout, cet élan artistique lui a permis de passer au travers de périodes plus pénibles de sa vie.

Dans sa grande maison de Charlesbourg, Mme Papillon irradie cette force tranquille propre aux optimistes patients: elle n’a pas besoin d’enfoncer de portes, elles s’ouvrent d’elles-mêmes, le temps venu. Tout au plus saute-t-elle à pieds joints – ou vole-t-elle à ailes déployées – lorsque l’occasion se présente.

Membre du Groupe Québec Hebdo

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