Communaute
21:05 6 mai 2013 | mise à jour le: 6 mai 2013 à 21:05 Temps de lecture: 3 minutes

Casser la croûte avec Habitat-Sourds

Garée dans le stationnement de la pharmacie Uniprix à l’intersection de la 1re Avenue et de la 41e Rue lors de sa première sortie, la cantine d’Habitat-Sourds a récolté 650 $ en une fin de semaine. Un succès sur toute la ligne selon Marie-Claude Matte qui, avec cette initiative mobile qui fera la tournée de quelques événements à l’été, souhaite trois choses: diffuser la mission de son service d’hébergement, faire travailler ses huit résidents sourds et amasser des sous pour continuer à réaliser différents projets avec eux.

Depuis dix ans, Habitat-Sourds ménage un milieu de vie pour une clientèle adulte sourde, dont la plupart vivent avec un problème de santé mentale; certains présentent en plus une déficience physique, sensorielle ou intellectuelle. Cette résidence, située au 160, 76e Rue Ouest, à Charlesbourg, fait partie de la gamme des services offerts par l’organisme communautaire Centre Signes d’Espoir.

Changement de cap

À son arrivée au sein d’Habitat-Sourds il y a sept ans, Marie-Claude Matte découvrait des résidents passifs, peu stimulés, prisonniers de leur routine, médicamentés, souffrant parfois de troubles de comportement. «Qu’est-ce qu’on peut apporter à ces gens-là pour leur offrir une vie différente?», s’est-elle alors demandé.

La réponse s’est d’abord concrétisée sous la forme de sorties au restaurant, puis, éventuellement, de voyages en Gaspésie, à New York et, il y a deux ans, dans les Bahamas. Mais, si les levées de fonds avaient permis jusqu’à présent d’effectuer ces séjours, le personnel d’Habitat-Sourds souhaitait s’approprier une micro-entreprise pour financer le prochain objectif: les Caraïbes de l’Est.

Un projet valorisant

Ainsi est née l’idée de la cantine. «Une façon de ne pas être obligés de quêter et d’offrir un service», explique Marie-Claude Matte. Une façon, aussi, de continuer à stimuler les résidents qui, depuis qu’ils prennent part à toutes ces activités, ont complètement changé de comportement. «C’est le fun de les voir vivants, les voir heureux. Oui, on ramasse de l’argent pour des voyages, mais c’est aussi pour les voir s’épanouir», renchérit Stéphanie Lafond, éducatrice spécialisée et aide-responsable.

La Caisse populaire de Charlesbourg et la Fondation des Sourds ont investi chacune 5000 $ pour équiper la cantine. Déjà les festivals se l’arrachent: Limoilou en fête, Limoilou en musique, la fête du Canada… «Presque toutes les fins de semaine de l’été sont réservées», se réjouit Marie-Claude Matte, qui invite le public à venir goûter les exclusivités du casse-croûte: des gaufres sur bâton et des popsicles à la limonade, qui opposent une chaude lutte aux hot dogs et à la barbe à papa.

Prochain rendez-vous: les 25 et 26 mai, dans le cadre du Faubourg Saint-Jean en fête.

 

Membre du Groupe Québec Hebdo

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