Communaute
14:56 22 juillet 2013 | mise à jour le: 22 juillet 2013 à 14:56 Temps de lecture: 3 minutes

Lune de miel au Trait-Carré

Au bout de la longue allée à remonter se découvre un oasis champêtre en plein cœur du Trait-Carré. On qualifierait le lieu de «cocon» si ce n’était des douze ruches qui y ont poussé depuis deux ans. Voilà ce qu’on récolte quand on a la passion des abeilles comme Bernard Filion – cela, et bien du miel.

Bernard Filion est agronome et biologiste de formation. Fasciné par les abeilles, en particulier par leur mode de vie bien différent du nôtre, il suit à distance, à l’époque, un cours d’apiculteur, sans pour autant croire que les règlements de la Ville de Québec permettent l’élevage d’abeilles en milieu urbain. Les choses en restent là.

Les années suivant l’acquisition de sa propriété dans le Trait-Carré en 1998, il cherche un moyen d’en mettre en valeur la grande étendue – voire de la rentabiliser. Héberger des poules? Ses deux filles, Marie-Laure et Chloé, ne sont pas d’accord: c’est bruyant et ça pue, des poules.

Oui, sauf que des abeilles, ça pique. Les deux adolescentes ne sont donc pas rassurées lorsque leur père, après vérification auprès du règlement municipal, revient à la maison avec sa première colonie d’abeilles. Le temps de se familiariser avec l’idée, et la plus jeune, Chloé (12 ans), demande à son père de lui montrer comment s’en occuper. Marie-Laure (14 ans), pour sa part, préfère s’en tenir au marketing, et commence à travailler au logo de l’entreprise, qui devient du coup familiale: Filion et filles.

Un coup de pouce prédestiné

On aurait voulu arranger le reste de l’histoire avec le gars des vues qu’on n’aurait pas inventé autre chose: au début de 2013, le projet de ruches des Filion reçoit l’aide de La Ruche, une plateforme au nom prédestiné où les gens sont invités à contribuer financièrement aux projets soumis en ligne.

Dans ce cadre, la famille Filion se fixe un objectif de 5300 $ à recueillir en deux mois, pour finalement réussir à en amasser 7100 $. Une somme qu’elle investit dans l’achat supplémentaire de ruches et d’équipements nécessaires au traitement du miel, de l’extraction jusqu’à l’empotage. Sur les pots apparaît le logo concrétisé par l’agence de publicité lg2 à partir des idées de Marie-Laure – avec un résultat final qui, récemment, a remporté un prix dans un concours de design tenu par la revue canadienne Applied Arts Magazine.

Des quelque 85 kg de miel qu’aura donné la récolte du printemps, avant qu’il ne dispose de tous les instruments, Bernard Filion compte bien en tirer davantage à l’avenir, et ce, dès les productions d’été et d’automne, aux teintes et au goût différents. «On a pu devancer notre projet d’un an grâce à La Ruche», estime celui qui sait non seulement mettre en valeur ses abeilles mais aussi, voire surtout, ses filles Marie-Laure et Chloé.

Ensemble, ils font renaître l’art de l’apiculture dans le Trait-Carré, tradition qui remonte au 18e siècle.

Pour plus d’informations ou pour se procurer du miel: filion.filles@hotmail.com.

Membre du Groupe Québec Hebdo

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