Société
21:29 2 juin 2016 | mise à jour le: 2 juin 2016 à 21:29 temps de lecture: 3 minutes

Faire la différence comme préposées aux bénéficiaires

SANTÉ. «En Afrique, nous sommes très proches de nos grands-parents. C’est une bénédiction. Ici, je suis loin d’eux, c’est difficile. Mais quand je me retrouve avec des aînés, je me sens bien», répond Sidonie Payo lorsqu’on lui demande les raisons qui l’ont poussée à suivre la formation «Soutien à la personne en milieu de vie», offert par Fierbourg. Bientôt diplômée, la Camerounaise d’origine sourit à pleines dents au métier de préposée aux bénéficiaires qui l’attend.

Ils sont 15 élèves originaires du Burundi, de la République démocratique du Congo, de Congo-Brazzaville, du Cameroun et d’Haïti à avoir suivi cette année le programme «Soutien à la personne en milieu de vie», dans sa version taillée sur mesure pour la communauté immigrante. Une formule où cours de francisation et de culture québécoise auront permis d’arrimer l’apprentissage du métier de préposé ou d’auxiliaire familial aux usages de leur terre d’accueil.

«Au début, je ne comprenais rien», s’amuse Sidonie Payo qui, pourtant, ne s’exprimait pas moins déjà en français. Même sa consoeur Nadège Mbiki, au Québec depuis 12 ans, s’est retrouvée à se familiariser avec des expressions qui lui étaient étrangères. Or, «si tu ne peux pas entendre, tu ne peux pas aider», fait valoir celle qui a connu quelques expériences par le passé comme préposée aux bénéficiaires.

Lois, droits, histoire, coutumes, mais aussi comment faire son budget, son épicerie, son curriculum vitae…: «On voit vraiment tout ce qu’on juge important», résume Suzie Bouchard, enseignante au secteur santé.

Faire face aux préjugés

Aussi la formation ne fait-elle pas l’économie des préjugés auxquels leurs origines étrangères risquent de les confronter dans l’exercice de leurs fonctions. Craignent-ils le regard de l’autre? «Avant, ça me faisait peur, mais avec le cours, j’ai appris à ne pas m’en faire», avoue Pélagie Mauridou. Des insultes, ils savent qu’ils peuvent en recevoir, que ce soit parce que le patient aura des problèmes de santé mentale, parce que ses souffrances auront le dessus sur le meilleur de lui-même, ou parce qu’il s’exprimera par ignorance. Les collègues de travail ne sont pas non plus à l’abri des maladresses.

Faire sa place, cela fait partie du défi qui les attend – et Sidonie Payo entend bien le relever avec le sourire, choisissant de prêcher par l’exemple en montrant ce dont elle est capable. Du reste, elle aura amené ceci de sa terre natale: «En Afrique, tu ne peux pas parler fort aux aînés. Même en cas où ils t’insulteraient. Le respect est très important.»

Richesses culturelles

D’ailleurs, dans un métier qui mise sur la relation humaine, n’apporteront-ils pas quelque chose d’eux-mêmes au poste qu’ils occuperont? Vifs hochements de tête de part et d’autre, derrière lesquels on devine que leurs valeurs comme leurs histoires à raconter teinteront leur pratique quotidienne. Jusque dans leur équipe de travail, même: «Je pense qu’ils apportent une belle diversité, une belle ouverture d’esprit», estime Suzie Bouchard, qui en veut pour preuve le vent de fraîcheur culturel qui a soufflé cette année sur Fierbourg.

La formation sera offerte à Fierbourg pour une quatrième année dès le 30 août prochain. La période d’inscriptions est en cours.

Québec Hebdo

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