Société
22:10 8 mai 2015 | mise à jour le: 8 mai 2015 à 22:10 temps de lecture: 4 minutes

Prévenir les préjugés sur la santé mentale dès l’école

ÉDUCATION. Revenus à la fois déterminés et préoccupés d’un colloque national sur la santé mentale en milieu scolaire, un groupe d’étudiants de l’école secondaire Saint-Jean-Eudes a décidé d’orchestrer une activité similaire dans leur milieu. L’intention est de sensibiliser tôt leurs amis et collègues à la réalité des préjugés sur les différentes variantes de cette maladie bien réelle même si elle est invisible.

À la faveur d’une journée pédagogique, Caroline Gagnon, Émile Bouchard et Oscar Truong, avec l’appui d’un comité organisateur et de plusieurs partenaires, ont mis en place le premier Colloque étudiant en santé mentale dans la région de Québec. L’activité tenue le vendredi 8 mai a réuni des jeunes et des représentants d’une vingtaine d’écoles de la Capitale. L’objectif consiste à en faire un rendez-vous annuel, qui interpellera toutes les écoles tant privées que publiques.

«Nous avons ramené l’idée de notre participation au colloque national à Ottawa. Il nous semblait pertinent de partager l’expérience avec l’ensemble des élèves de Saint-Jean-Eudes et des autres écoles de la région. L’idée est d’abattre les préjugés dès le milieu scolaire, car la stigmatisation en plus de blesser les victimes fait en sorte qu’elles ne vont pas chercher l’aide dont elles auraient besoin», explique ensemble le dynamique trio étudiant de 5e secondaire qui compte passer le flambeau.

En plus de freiner la méchanceté et la prolifération des préjugés envers la maladie mentale, cette journée avait pour but d’informer et d’outiller chaque personne, afin de mieux agir tant pour soi que dans son entourage. Pour Caroline, Émile et Oscar, il s’agit d’un nouveau pas dans la construction d’un avenir meilleur. Ils ont profité de la présence du ministre de l’Éducation du Québec, François Blais, et de la députée fédérale locale, Anne-Marie Day, pour solliciter leur appui afin que des politiques et budgets soient votés en appui aux organismes qui aident les personnes atteintes de maladie mentale.

Angles et efforts multiples

En plus de conférences et de témoignages, plusieurs problématiques (estime, psychose, trouble alimentaire, etc.) ont été abordées sous l’angle de l’humour, de la relaxation, de la musique et du sport, dans le cadre d’ateliers pratiques. «C’est important d’en parler de toutes les façons possibles, pour rejoindre les jeunes. Surtout, à ce stade du début de la vie, alors que nous forgeons notre identité dans une période de fragilité qu’est l’adolescence», soulignent encore les porte-paroles du comité organisateur.

Financé par la Commission de la santé mentale du Canada, le premier Colloque étudiant sur la santé mentale de Québec a été organisé sous la supervision de l’Association québécoise pour la réadaptation psychosociale. Il a bénéficié de la participation de la plupart des organismes locaux en santé mentale (publics et communautaires).

Bon à savoir

• Les préjugés incitent près de 2/3 des personnes qui bénéficieraient de soutien à éviter de chercher de l’aide ou à le faire en cachette.

• Pour plusieurs, il est plus difficile à vivre avec le regard des autres qu’avec les symptômes de leur maladie mentale­.

• La stigmatisation est le plus grand obstacle au rétablissement ou actions pour une santé mentale positive.

• L’intervention précoce augmente les effets positifs de la réadaptation et réduit les problèmes à l’âge adulte.

• Comme la santé physique, la santé mentale n’est pas du ressort des professionnels de la santé mentale seulement, c’est de notre responsabilité à tous.

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