Société
15:24 19 novembre 2015 | mise à jour le: 19 novembre 2015 à 15:24 temps de lecture: 3 minutes

Women in mind: Entre voisines

RÉSEAU. Une réunion imprévue au bureau, qui gardera les enfants? Un problème de tuyauterie, quel plombier appeler? L’envie de décompresser, qui veut aller prendre un verre? En train de préparer des crêpes, à qui demander deux œufs pour s’éviter l’épicerie? Autant de questions dont la réponse pourrait bien se trouver sur Women in mind, une plateforme sociale qui favorise les liens entre voisines. Créée à Montréal, voilà que l’initiative fait une percée à Québec via Charlesbourg.

Geneviève Nadeau en était à son deuxième congé de maternité quand elle a saisi toute l’importance de la vie de quartier. À une époque où l’on connaît peu ou pas son voisin, l’idée de créer un réseau de proximité et d’entraide s’est lentement dessinée dans son esprit. Une sorte de dérivé de Facebook mais qui, rassemblant les femmes d’un même quartier, favoriserait les rencontres hors du seul monde virtuel.

Quelques mois plus tard, Women in mind a pignon sur rue dans neuf quartiers montréalais. Près de 2000 femmes, qu’elles soient mères, conjointes, célibataires, grands-mères, professionnelles, qui discutent, partagent, se conseillent, se lient d’amitié, organisent des événements. Gardienne fiable, plombier abordable, copine de 5 à 7, voisine serviable: c’est là qu’on peut les dénicher.

Suivant le souhait de Geneviève Nadeau, les participantes trouvent dans ces échanges matière à enrichir leur vie et celle de leur quartier. «On se met ensemble pour développer la vie locale, pour l’améliorer… une voisine à la fois!» observe-t-elle en insistant sur les valeurs de positivisme et de force collective qui teintent cette vie associative nouveau genre.

Women in mind Charlesbourg

De quoi interpeller Élisabeth Leclerc, Isabelle Maltais et Helen Ng, en manque d’un accès à un tel réseau dans leur coin de pays. «Ça fait six ans que je suis à Charlesbourg et je ne connais pas vraiment mes voisins», dira la première, originaire du Lac-Saint-Jean.

Les voilà donc aujourd’hui devenues les ambassadrices de Women in mind Charlesbourg, qui compte déjà une centaine de membres. Isabelle Maltais comme Helen Ng espèrent renouer avec cet esprit de communauté qui, l’un lié à la vie en village, l’autre à une question de culture, a caractérisé leur enfance. Grâce à cette initiative locale, Helen Ng souhaite d’ailleurs amener ses propres enfants à s’ouvrir aux autres dans un monde de chacun-pour-soi. «Je veux leur inculquer la notion de pouvoir compter sur les autres – pas juste sur la famille.»

Avec cet autre quartier qui s’ajoute, le premier dans la région de Québec, Geneviève Nadeau travaille présentement à une deuxième version de la plateforme qui saura à répondre à une utilisation en hausse. Rêve-t-elle de franchir les frontières du Québec? «Moi, j’ai l’ambition de faire le plus gros party de filles au monde», répondra-t-elle en riant.

Women in mind: pourquoi un nom en anglais?

«La partenaire que j’avais au départ était anglophone… Avec ce nom-là, tout le monde pense que j’ai importé ça de New York! (rires) Mais au fond, le nom décrit bien le concept: We do everything with women in mind [Tout ce qu’on fait, on le fait en ayant les femmes en tête]» – Geneviève Nadeau.

Pour s’inscrire ou pour devenir ambassadrice de son quartier: womeninmind.com.

Québec Hebdo

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