Société
13:18 19 novembre 2014 | mise à jour le: 19 novembre 2014 à 13:18 temps de lecture: 3 minutes

Gourmets recherchent gourmet

GASTRONOMIE. Quand ils ont vu l’ancienne demeure des Têtu dans le Trait-Carré, Isabelle Thibeault et Alexi Roger ont eu un coup de cœur. Ils l’avaient trouvée, la maison ancestrale où aménager leur boulangerie artisanale et bâtir leur vie de famille. À la petite Alice, leur rêve allait offrir une enfance au parfum de pain frais. C’était sans compter l’ironie du sort, qui a frappé la fillette d’une grave allergie à la poussière de farine, diagnostiquée récemment. Aussi la petite famille est-elle maintenant à la recherche d’un entrepreneur gourmand à qui vendre la maison, où Le Fournil poursuivra néanmoins ses activités.

«On rêve de quelqu’un dans l’alimentaire qui s’installe ici, quelqu’un qui va avoir un souci de la qualité et de l’accueil des gens», explique Isabelle. Sur la table, un éventail de possibilités: fromager spécialisé, charcutier artisanal, épicerie fine, bistro, café, salon de thé… Autant d’idées qui viendraient «compléter l’offre gourmande qu’on a» au Fournil, ajoute-t-elle.

On cogne déjà à leur porte, mais aucune offre sérieuse à ce jour. Le couple ne s’en cache pas, cela lui fera un pincement au cœur de déménager le cocon familial. Mais certes pas autant que de voir leur petite puce multiplier les visites à l’hôpital. Ce ne sera pas la première fois que ces deux ex-publicitaires réorienteront leurs rêves.

Un rêve amoureusement pétri

En 2008, mus par un désir de retour aux sources qui répondrait à leurs aspirations profondes, Isabelle et Alexi plaquaient tout – agence de pub et possessions personnelles – pour s’exiler à Paris. Avec, pour seul plan de match, l’inscription d’Alexi au cours de pâtisserie-boulangerie au Cordon Bleu.

Les deux années suivantes, ils les passeront «à rêver, au bistro du coin, à [leur] boulangerie dans une maison ancestrale», se souvient Isabelle. Dans leurs temps libres, ces deux amoureux de la bouffe goûteront l’Europe et ses spécialités, dont ils garderont bien quelques miettes sous la langue pour s’en inspirer au moment d’ouvrir les portes du Fournil, à leur retour au pays.

Mais, comme pour l’ancienne demeure des Têtu qui nécessitera d’importants travaux de rénovation pour l’adapter aux besoins du couple, les recettes ramenées d’outre-Atlantique auront besoin d’être ajustées aux produits d’ici. La boulangerie du Trait-Carré ne conservera pas moins une signature parisienne en offrant des pains «à la croûte caramélisée et craquante, et à la mie alvéolée», décrit Alexi, dont l’œil de designer veille à ce que les yeux d’abord salivent.

Depuis 2012, donc, Le Fournil est devenu la boulangerie «du village». Un commerce de proximité, à échelle humaine, où le comptoir vient remplacer le perron d’église pour partager les dernières nouvelles. Depuis quelques mois, les habitués se mêlent de la nature du futur commerce qui emménagera dans la maison des boulangers. «Tout le monde s’y est mis, ça suscite l’enthousiasme!», se réjouit Isabelle, qui ne peut qu’espérer que la rumeur fera son œuvre.

Ces produits du Fournil qui les font craquer

Elle aime… les scones, dont la recette vient de la grand-mère d’une amie qui vit à Londres

Il aime… les gros pains à partager

Membre du Groupe Québec Hebdo

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