Société
20:43 13 septembre 2013 | mise à jour le: 13 septembre 2013 à 20:43 temps de lecture: 3 minutes

«Des condos contre une ferme? Non merci!», répondent des citoyennes

Des citoyennes se mobilisent contre l’augmentation des évaluations foncières et, par conséquent, des taxes municipales qu’ont encaissée dans la dernière année des propriétaires de terres agricoles dans la région de la Capitale-Nationale, en particulier ceux de la rue du Vignoble dont les hausses de taxes avoisinent les 1000 %. Dans la pétition qu’elles font circuler, elles demandent à la Ville de Québec de protéger cet héritage agricole en adoptant les mesures qui sont en son pouvoir.

«Ce qu’on demande au maire, c’est de reculer sur ces hausses-là et d’adopter un taux distinct de taxation comme la loi le permet», a déclaré l’une des instigatrices de la pétition, Marielle Bouchard, qui refuse de croire Régis Labeaume lorsqu’il prétend que la Ville ne peut réviser d’elle-même les évaluations des propriétés agricoles sans l’assentiment préalable du gouvernement provincial.

«Ça existe déjà dans 13 municipalités sur 300», a-t-elle fait savoir à propos du taux distinct de taxation, qui permet aux fermes urbaines de se soustraire aux aléas de la spéculation immobilière qui est responsable de la récente escalade des coûts à payer. Sur la rue du Vignoble, le compte de taxes de la famille Lortie est ainsi passé de 2200 $ à 23 500 $, et celui de la famille Proteau, de 2905 $ à 10 839 $. La ferme Bédard et Blouin, sur le boulevard Louis-XIV à Beauport, s’en tire pour sa part avec une augmentation de 50 %; moins touché pour l’instant, Nicolas Bédard ne craint pas moins l’avenir si personne ne bouge.

À ce titre, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) a également son rôle à jouer, croient les citoyennes à l’origine de la pétition et l’Union des producteurs agricoles (UPA). Le Ministère propose un remboursement de taxes foncières aux agriculteurs dont les revenus agricoles équivalent à au moins 8 $ par tranche de 100 $ d’évaluation. Avec les récentes hausses qui ne s’accompagnent pas pour autant d’une production accrue, ni les Lortie ni les Proteau ne se qualifient pour ce remboursement. On demande donc l’abolition de ce critère de production qui s’applique de plus en plus difficilement aux fermes en milieu urbain.

Un enjeu électoral

Cette deuxième solution ne fait toutefois pas partie de la pétition en cours, qui se concentre pour l’heure sur les actions municipales qui peuvent être entreprises. Prévoyant la déposer après les élections, le 18 novembre, ses instigatrices espèrent que l’avenir de l’agriculture urbaine devienne un enjeu de la campagne qui s’amorce, à l’heure où on valorise tant l’alimentation de proximité, la consommation écologique et les saines habitudes de vie, trois avantages que présentent justement les terres agricoles en zone urbaine. Elles entendent d’ailleurs interpeller les candidats sur la question, avec l’espoir que la population obtienne en retour un engagement ferme. Avec les 1800 qui ont déjà signé, Amélie Leclerc sent un appui très fort de la population.

La pétition est accessible en ligne: http://www.petitionduweb.com/Petition_petition_pour_la_protection_des_terres_agricoles-1001310.html, de même qu’à la ferme Bédard et Blouin, au 2157, boulevard Louis-XIV.

Membre du Groupe Québec Hebdo

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