Économie
19:00 13 août 2018

Le Gaulois de Charlesbourg: résister à l’envahisseur

Jocelyn Gallant connaît très bien  l’expression «commencer au bas de l’échelle». À force de persévérance, passion et motivation, l’entrepreneur a bâti une entreprise dans un créneau très compétitif dans le domaine de l’alimentation: la pizza congelée. 

Le propriétaire Jocelyn Gallant est un ancien culturiste!

Photo Métro Média – Jean-Philippe Dionne

L’histoire de M. Gallant commence au début des années 1990, alors qu’il devient livreur, plongeur, et préposé à l’entretien à la pizzéria Le Gaulois situé dans le commerce Perrette de la 10e Avenue à Charlesbourg. Trop débordé par la gestion de deux restaurants, le propriétaire de l’époque décide de mettre en vente l’un d’eux. Jocelyn Gallant y voit alors une occasion d’affaires et prend un rendez-vous avec une institution financière. Son sac rempli d’arguments, de vision et d’idées novatrices; le banquier lui fait confiance. Une offre d’achat est déposée et Jocelyn Gallant devient propriétaire de son propre commerce, sans se douter qu’une demande de la part d’un établissement licencié allait bouleverser son entreprise.

«Mon ancienne copine travaillait au bar 447. Quelqu’un de l’endroit lui a demandé si je pouvais leur fournir de la pizza refroidie, emballée et prête à cuire. Alors, c’est ce que j’ai commencé à faire. Les clients ont adorés! De fils en aiguille, j’en ai distribué à huit bars différents et même dans un dépanneur», raconte Jocelyn Gallant.

Vers la fin des années 1990, un jour qu’il était sur la route, le ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec l’intercepte pour lui mentionner qu’il n’avait pas le droit de «faire ça comme ça» et qu’il devait trouver un local de production. Comme le malheur fait bien les choses, un emplacement juxtaposé à son commerce était disponible. Poursuivant tout de même les opérations de la pizzéria, le volet production prend de plus en plus d’ampleur. Les pizzas Le Gaulois font alors leur apparition dans les épiceries et l’embauche d’un vendeur-livreur sur la route survient pour épauler M. Gallant qui produit 2400 pizzas par semaine, chiffre qui atteindra 3800 grâce à une campagne de publicité dans les journaux.

«Ça commençait à faire beaucoup, alors j’ai vendu le restaurant, déménagé les installations à notre emplacement actuel en 2002 au 253, 71e Rue Est, pour me consacrer exclusivement à la préparation de pizzas faites à la main.»

Le secret…

Jocelyn Gallant se décrit comme un entrepreneur né dont la force est l’organisation et la précision. «Parfois tu changes un petit détail, tu gagnes une heure dans la journée. Étant donné que tout est fait à la main, comme l’étirement de la pâte par exemple qui se fait entre 800 à 900 fois par jour, si tu coupes un mouvement, bien tu coupes un mouvement de 800 à 900 fois aussi. L’employé travaille moins et est plus rapide.» Et chaque pièce et espace de travail est minutieusement maximisé dans l’usine qui est particulièrement petite, mais très fonctionnelle.

Comment l’homme d’affaires a-t-il réussi à se tailler une place en épiceries, alors que le consommateur de retrouve devant une panoplie de pizzas congelées? M. Gallant avoue miser sur la fraîcheur et la générosité de ses ingrédients. Chaque fournisseur d’élément qui compose la pizza est judicieusement sélectionné et il n’hésite pas à faire connaître son insatisfaction si un produit ne correspond pas à ses attentes, tout en maintenant de très bonnes relations d’affaires.

La distribution des produits Le Gaulois ne se fait exclusivement que dans la grande région de Québec et un peu à Baie St-Paul. M. Gallant ne souhaite pas augmenter sa production davantage en industrialisant son usine, car il perdrait l’essence d’une grande différenciation avec ses concurrents soit la mention «faite à la main». Après presque trois décennies en opération, le souhait de Jocelyn Gallant est bien simple.   

«Je ne veux même pas gagner des millions. Je veux que mon entreprise continue de progresser ou qu’elle reste comme ça. C’est suffisant et mes employés sont heureux.»    

Pizzéria Le Gaulois en chiffres

1200-1800 pizzas par jour

350 000 pizzas par année

Huit travailleurs à temps plein

100 000 livres de fromages par année.

450 points de vente

Les pizzas sont précuites dans ce four avant d’être refroidies et emballées

Photo Métro Média – Jean-Philippe Dionne

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