Économie
01:30 22 novembre 2007 | mise à jour le: 22 novembre 2007 à 01:30 temps de lecture: 6 minutes

La radio communautaire de Charlesbourg ferme son micro

Après-midi du 14 novembre. Le micro de CIMI FM 103,7 se ferme. Les membres du conseil d’administration se réunissent pour une dernière fois et démissionnent en bloc.

Une gestion à revoir et une situation financière difficile auront eu raison de la radio communautaire de Charlesbourg, lancée en 2001.

La licence a été prolongée jusqu’au 31 août 2011, comme l’indique le document de la décision du CRTC en date du 23 août dernier. «…le Conseil estime approprié de renouveler cette licence pour une durée écourtée de quatre ans, conformément aux dispositions prévues dans la circulaire numéro 444. Ce renouvellement permettra au Conseil de constater, dans un délai plus rapproché, si la titulaire (CIMI FM) se conforme aux dispositions du règlement de 1986 sur la radio et aux conditions de licence de la station», est-il écrit.

Ex-animateur à CIMI FM, Roby Moreault affirme que les difficultés qu’éprouve la station de radio de Charlesbourg ne datent pas d’hier. «Le processus est enclenché depuis un bon bout de temps; l’agonie de CIMI FM se profilait en novembre 2006. L’année passée, on n’a pas été payés pendant 4 mois. Mais grâce à la mère de Mario Hudon, les animateurs ont pu être payés à Noël et ne pas être des bénévoles. CIMI FM a probablement connu sa programmation la plus forte en 2006. Malheureusement, il y a des administrateurs qui n’ont pas fait leur job, soit pas manque de connaissances, d’expérience ou de mauvaises intentions.»

Ce à quoi a répliqué l’ex-président du conseil d’administration, Gérald St-Arnaud: «Depuis mai, les employés ont toujours été payés, sauf les deux dernières paies. L’année passée, il est vrai qu’à certains moments ils n’ont pas été payés.»

Depuis le mois de mars, l’animateur Moreault était à son compte. «J’avais mes propres commanditaires, je les remercie d’ailleurs. Je remercie aussi les auditeurs; ils ont été fidèles», mentionne celui qui a notamment remplacé au FM 93 et a collaboré au CHEQ FM à Sainte-Marie de Beauce, ainsi qu’à la station CKNU.

M. Moreault a mentionné avoir CIMI à cœur. «J’ai offert mon aide pour un plan de relance. Mais d’un autre côté, j’ai mon entreprise dans la disco mobile… De toute façon, il faut voir ça comme un side-line. Honnêtement, je pense que ça va être bon pour CIMI de prendre un recul.»

Sébastien Noël, un des bénévoles à la station et membre du duo Les Incorruptibles, était fier d’avoir collaboré à cette radio: «CIMI offrait un produit compétitif comme les stations commerciales. Il y a déjà eu des offres d’achat par le passé, mais on voulait continuer à être indépendants, ne pas avoir de compte à rendre à des actionnaires.»

Relance

Le président de Radar communications et affaires publiques inc., Michel Martin, s’est joint à quatre autres gens d’affaires afin d’évaluer les possibilités de relance de la radio communautaire. «On s’y intéresse parce qu’on trouve ça déplorable. La radio a sa raison d’être. On a l’intention de contacter les membres du conseil d’administration pour avoir l’heure juste. Ils ont encore leurs responsabilités.»
Joint par le Charlesbourg Express, l’ex-président du conseil d’administration, Gérald St-Arnaud, a rectifié: «On ne m’a pas contacté encore. En démissionnant, on démissionne de tout. C’est pas partiel. La responsabilité qu’on a sont les décisions qu’on a prises quand on était sur place.»

Ce regroupement (non formel) évaluera la relance éventuelle en deux volets, soit la situation financière et la situation juridico-légale. «Si on a le sentiment que la radio est viable, on réunira les sommes nécessaires pour contribuer à une mise en marché du secteur nord. Compte tenu que c’est une radio de type communautaire, ça peut coûter quelques milliers de dollars», informe M. Martin.

Celui-ci ajoute par ailleurs que le passage d’André Arthur n’aura pas été la meilleure stratégie. «Faut pas se le cacher: s’il a amené des revenus publicitaires, ce n’était pas le meilleur move.»
À propos de ce regroupement de gens d’affaires, l’attaché de presse de la députée Catherine Morissette a commenté: «On a été mis au courant vendredi dernier du groupe de gens d’affaires. Catherine Morissette salue cette initiative. C’est certain qu’on va leur parler pour connaître leur plan. Ça serait dommage de perdre une antenne où il y avait toutes sortes d’émissions. C’était un créneau assez unique. Madame Morissette voudrait que les animateurs retournent au micro.»

Enregistrements manquants et vente déficiente

Selon le document du CRTC, celui-ci reproche aussi à CIMI FM un manquement dans l’enregistrement des émissions pour fins d’archives et dans le respect de la programmation musicale.

«On n’était pas greyé (sic) à cette époque-là pour garder des copies de nos émissions. Ça prend pas toujours un enregistrement, mais un « back-up ». Ça a été corrigé. Quant à la musique, le permis original mentionnait que nous devions avoir de la musique rock. On a introduit plus d’information, mais d’un autre côté, on a corrigé le tir en mettant de la musique le soir, de 19h à minuit», déclare M. St-Arnaud.

Quant au cœur du problème ayant plongé CIMI FM vers un gouffre financier, M. St-Arnaud pointe le manque d’efficacité du département des ventes. «On a vécu en plus un choc important par la faillite d’Ameublements Jason. C’était le plus gros contrat qu’on a eu cette année, et c’était signé jusqu’en 2008.»

Quant à une somme de dettes qui pourrait se chiffrer à 100 000$, M. St-Arnaud répond qu’il s’agit d’un montant tout à fait farfelu. «On exagère. On a pris des ententes avec tous les fournisseurs, et si le département des ventes fonctionne, il n’y a pas de problème.»

M. St-Arnaud croit à la relance de la radio communautaire. «Chaque année, et depuis le début de CIMI, il y a des subventions récurrentes du ministère de la Culture. Ça couvrait les frais de base d’opération, comme le téléphone et le loyer.»

Même si l’ancien président du c.a. consacrait parfois jusqu’à 70 heures de travail chaque semaine, il serait prêt à tenter à nouveau l’expérience. «Ma santé m’a obligé à me retirer. Mais si le stress était moins grand et que j’avais plus de soutien, je serai prêt à recommencer», a-t-il conclu.

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