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16:01 6 septembre 2011 | mise à jour le: 6 septembre 2011 à 16:01 temps de lecture: 4 minutes

La maison ancestrale Magnan-Pageot est sauvée

Passionnées de maisons anciennes, l’artiste peintre Yvette Boulanger et Hélène Massé, fonctionnaire à la retraite, ont acheté il y a 16 ans la maison Magnan-Pageot construite vers 1830 dans le Trait-Carré, au cœur de l’arrondissement historique de Charlesbourg, pour en faire leur demeure de rêve. Elles y travaillent tellement bien en complicité pour la restaurer, depuis ce temps, qu’elles ont reçu la visite de l’animateur Alain Choquette de l’émission de télévision «Passion Maisons», diffusée sur la chaîne Historia.

«L’équipe de tournage a visité notre maison de fond en comble pendant plus de trois jours, le printemps dernier, pour arriver à faire un montage documentaire de belle qualité de 45 minutes qui vient tout juste d’être présenté à la télévision. Cela a été tout un honneur pour nous, une sorte de reconnaissance, de pouvoir partager avec Alain Choquette toutes les étapes de restauration qui ont mené à ce que l’on peut voir aujourd’hui», ont confié au Charlesbourg Express les deux copropriétaires de cette maison rurale d’esprit français.

L’histoire de cette demeure ancestrale rappelle que le docteur Louis Gauvreau en prend possession vers 1880 et qu’elle sera achetée ensuite en 1927 par le premier maire de Charlesbourg, Émile Gauthier, pour être modernisée dans les années suivantes jusqu’à devenir un immeuble locatif.

Une thérapie, un investissement physique

«J’en ai restauré trois depuis 1982, la première à Saint-Antoine sur Richelieu et la deuxième à Saint-Jean de l’île d’Orléans, deux maisons qui dataient de 1830 et 1808. C’est rare de voir deux femmes comme nous qui s’amusent comme ça dans la restauration. On aime avoir la vision de ce temps-là. Après 15 ans, on découvre encore des choses que tu ne pensais pas être capable de faire. C’est un investissement physique, même une thérapie», souligne Yvette Boulanger qui gagne sa vie depuis plus de 35 ans avec la vente de ses tableaux.
Éclairée par le soleil du matin, une des pièces à l’étage est devenue son atelier et son coin de méditation. «Cette maison, c’est mon bas de laine, quand on meurt on n’apporte rien avec nous», philosophe l’artiste ravie d’avoir sauvé cette maison ancestrale.

«Quand on a acheté cette maison, c’était presque un bungalow tant elle avait été modernisée. La charpente état coupée et la maison était en train de s’affaisser. On a pratiquement tout défait par l’intérieur et rempli plus de quatre conteneurs de cochonneries et de gypse qui recouvrait la majorité des murs et des plafonds d’origine. On a même trouvé récemment des clous forgés à la main qui laissent entendre que la construction a débuté vers 1800», estime Hélène Massé, qui vient de prendre sa retraite après 30 ans comme conseillère politique au gouvernement du Québec.

De l’aide précieuse

Dans une telle aventure, l’aide d’amis et de professionnels dans divers domaines est souvent la bienvenue. Yvette Boulanger et Hélène Massé tiennent à remercier sincèrement plusieurs voisins et amis pour leur collaboration, sans oublier l’apport de Michel Martel, une sommité au Québec qui a déjà sauvé une trentaine de maisons ancestrales en province.
«Il y a déjà eu ici six logements sur trois étages. Il était évident que l’on ne pouvait pas faire cela seulement à deux. Chaque morceau de bois a été varlopé à la main. On a acheté 300 planches dans une grange de Saint-Alexandre et je les ai lavées une par une. On défaisait et tout revenait beau au fur et à mesure, le rêve devenait une réalité. C’est là que tu découvres les vrais amis», conclut Mme Massé.
Charlesbourg Express, membre du Groupe Québec Hebdo.

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