Actualités
12:25 31 mai 2017 | mise à jour le: 31 mai 2017 à 12:25 temps de lecture: 4 minutes

Propulsée par la maladie

COURSE. À 37 ans, Nathalie Bisson, mère de famille de quatre enfants, sédentaire, fumeuse, apprend qu’elle est atteinte de polyarthrite rhumatoïde sévère. Après six mois de colère, elle s’est prise en main, adoptant de saines habitudes de vie. Une décennie et demie plus tard, elle renouvelle son mandat d’ambassadrice de la marche contre la douleur.

Nathalie Bisson : «La persévérance a changé, et sauvé, ma vie.»

(Photo TC Media – Charles Lalande)

D’origine inconnue, la polyarthrite rhumatoïde sévère évolue, par poussées, vers la déformation et la destruction des articulations atteintes. «C’est une maladie auto-immune, dans la même famille que la sclérose en plaques. C’est l’atteinte dégénérative au niveau articulaire. Avec un système immunitaire déficient, l’une des façons de s’en sortir, c’est l’activité physique», explique la femme de Charlesbourg.

Au départ, elle s’est installée sur un vélo-stationnaire, un endroit qu’elle ne tenait que 75 secondes. L’exercice de courte durée nécessitait une sieste de deux heures, dit-elle. La douleur était vive, mais la persévérance était encore plus forte.

Quelques années plus tard, en 2007, elle a enterré sa mère et sa sœur la même journée. Bouleversée, elle a ouvert la porte et elle s’est mise à courir.

Avec son chandail du Pace du Bonheur, elle milite pour le plaisir de la course, et non les attentes de performer.

(Photo TC Media – Charles Lalande)

«Après six à huit mois, le bonheur est devenu plus grand que la douleur. Quand on ressent les bienfaits, il n’y a rien de mieux. Avoir des objectifs, c’est propulsant.»

Plaisir avant la performance

Conférencière, Nathalie Bisson entretient également un site web, http://www.pacedubonheur.com, où elle raconte son parcours et diverses tranches de sa vie de joggeuse/marcheuse.

Le 3 juin prochain, elle sera ambassadrice, pour la deuxième fois, de la marche contre la douleur de la Société d’arthrite, qui aura lieu au PEPS de l’Université Laval.

Cet événement cadre parfaitement avec sa philosophie de coureuse, où elle priorise le volet plaisir avant la performance. En 2013, son médecin lui a fortement conseillé d’intégrer la marche à ses randonnées, puisque de courir des longues distances sans repos était extrêmement demandant pour son corps.

«Il n’y a pas de chronomètre. Les gens marchent et courent à leur rythme. L’important, c’est le sourire à la ligne d’arrivée, et de prouver que, même avec des limites physiques, nous sommes capables de réaliser des choses.»

Pour elle, le fil d’arrivée reste le plus bel endroit sur la planète terre. En 2014, au Marathon de Rimouski, 28% des coureurs avaient abandonné. Mme Bisson a quant à elle terminé au dernier rang. Sa meilleure course à vie. Sa résilience et sa médaille ont rempli son cœur de fierté.

En octobre prochain, elle mettra le cap sur Toronto, où elle va courir son septième marathon. Le récent décès de son père a fait en sorte qu’elle a eu une douleur articulaire, alors elle n’enregistra pas son meilleur temps, mais l’important, c’est de terminer la course et de savourer le moment, rappelle-t-elle.

La maladie ne l’a pas empêché de courir six marathons au cours des six dernières années.

(Photo TC Media – Charles Lalande)

Charlesbourg Express, membre du groupe Québec Hebdo

Articles similaires

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *