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14:23 7 décembre 2017 | mise à jour le: 7 décembre 2017 à 14:23 Temps de lecture: 3 minutes

La violence faite aux femmes, un combat de société

Fondée en 1993, la Maison du cœur, située à Charlesbourg, vient en aide aux femmes violentées et aux enfants de celles-ci. La directrice, Édith Mercier, mise sur 15 employées – toutes des femmes – qui se dévouent corps et âme pour les aider à récupérer du pouvoir dans leur vie. 

Depuis 1993, la Maison du cœur a accueilli 1584 femmes afin de rebâtir leur estime de soi grandement affecté

Photo Deposit Photos

Les victimes qui ont le courage d’aller chercher de l’aide peuvent rester gratuitement pendant six semaines dans la maison. Les suivis individuels et ceux de groupe les aident à cheminer.

«Nous travaillons sur les notions de violence conjugale et sur la femme elle-même pour qu’elle retrouve une confiance en elle. Leurs parcours sont différents, mais elles vivent les mêmes difficultés», explique Mme Mercier.

Parfois, certaines femmes ont besoin de plus d’un mois et demi pour se remettre sur pied. Pour cela, il existe, depuis 2015, une maison de deuxième étape pour celles qui doivent prolonger leur séjour en toute sécurité.

Précision importante: la Maison du cœur ne se limite pas à héberger celles qui se retrouvent en danger. Il y a également un service externe pour des cas plus mineurs qui nécessitent une intervention.

En poste depuis plus de 15 ans, Édith Mercier en a vu de toutes les couleurs. Certes, une carapace s’est formée au fil des ans, mais un constat ne changera jamais: elle ne s’habituera jamais à voir des femmes violentées. C’est la même chose pour ses employées.

«Les maisons existent depuis 40 ans, mais la violence conjugale est encore plus présente. De notre côté, on trouve des réponses aux besoins de la meilleure façon possible.»

Édith Mercier, directrice.

Photo TC Media – Charles Lalande

12 jours d’action

Pour toutes les maisons membres de la Fédérations des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF), la campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes est d’une importance capitale.

Chaque année, elle se déroule du 25 novembre (Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, décrétée par l’ONU) et le 6 décembre (Journée nationale de commémoration de la tuerie de l’École Polytechnique).

D’ailleurs, Alexandre Cloutier, député péquiste, a accepté de devenir l’allié masculin de la campagne. Il s’est donc engagé à signer le Manifeste des hommes alliés tout en invitant ses confrères de l’Assemblée nationale à faire de même.

Manon Monastesse, porte-parole et directrice générale de la FMHF, rappelle que les hommes font partie de la solution. «C’est un véritable combat de société. Nous avons besoin de la voix des bons garçons car ceux-ci peuvent aider individuellement et collectivement.»

Cela commence par intervenir lorsqu’ils entendent des blagues salaces prononcées par la gente masculine. «Et si c’était votre sœur, votre mère ou encore votre fille? Aimeriez-vous entendre cela à leur sujet?», demande Mme Monastesse en terminant.

La Maison du cœur en chiffres

1993: année d’ouverture

Plus de 3000 personnes accueillies

1584 femmes

1422 enfants

166 personnes accueillies entre le 1er avril 2016 et le 31 mars 2017

4 femmes et 12 enfants en maison de deuxième étape

Taux d’occupation actuel de 85%

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