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14:57 13 novembre 2015 | mise à jour le: 13 novembre 2015 à 14:57 temps de lecture: 4 minutes

Des citoyens s’insurgent contre une densification jugée irresponsable

IMMOBILIER. Un projet de prolongement des rues Aubert et Thérèse-Ménard ainsi que la construction d’une rue pour desservir 29 nouvelles résidences multifamiliales en copropriété ne fait pas l’affaire des résidents du secteur, à cheval sur les arrondissements Beauport et Charlesbourg. Sauf que les opposants au projet nommé Développement Aubert-Loiret se défendent bien d’être victimes du syndrome «pas dans ma cour». C’est plutôt le manque d’information, la hauteur des bâtiments à construire, le changement de zonage et le risque de voir le secteur devenir beaucoup plus passant qui préoccupe un groupe de citoyens.

Le nouveau développement sera situé dans le district électoral de Robert-Giffard et implique de créer un lien entre les rues Aubert et Thérèse-Ménard, cette dernière étant située dans le district électoral de Saint-Rodrigue.

Pour les opposants au projet qui résident à Charlesbourg, le problème se situe au niveau des communications. «Le projet a été accepté le 5 octobre et on n’en avait même pas entendu parler. Pour [le conseiller municipal de Saint-Rodrigue] Vincent Dufresne, le projet était à Beauport alors il ne le concernait pas. On n’a même pas pu s’y opposer», commence Patrick Picard, un résident de la rue Thérèse-Ménard.

M. Picard et quelques-uns de ses voisins craignent également de voir le secteur, très tranquille, devenir beaucoup plus passant. «Il y a un parc, une école en avant. Les gens laissent leurs enfants y aller seuls. Ça risque de changer, les gens vont passer par là pour aller à l’Arpidrome. Ça prend une étude sur la circulation qui tienne compte du projet sur le terrain des Sœurs de la Charité aussi», poursuit-il, évoquant la solution du rond-point qui aurait été envisagée dans le projet.

Pour les résidents de Beauport, c’est plutôt le type de construction projeté qui pose problème. «Ce sont des bungalows qu’on retrouve dans le secteur. Pourquoi on vient construire des maisons de ville à deux étages dans les cours arrière?», s’insurge Denis Vézina, un résident de l’avenue Gaspard, artère tout de suite à l’est de la rue à construire. «C’est surprenant un projet comme celui-là, qui vient briser l’uniformité du secteur. Pourquoi on accepte ça?», se questionne pour sa part Jean-Marc Daigle, également de Charlesbourg.

Enfin, les résidents du secteur s’inquiètent de voir la Ville faire fi de la protection des milieux naturels, les terrains visés comportant un petit ruisseau et un boisé.

Réaction à la Ville

À Beauport la présidente d’arrondissement, Marie France Trudel, a fait savoir lors du conseil d’arrondissement que «tout a été fait dans les règles», ce à quoi les citoyens répliquent que même si le fait de publier des avis sur le site Web de la Ville est juridiquement correct, il en va autrement du point de vue moral.

«Combien de citoyens à Québec connaissent cette procédure? Combien de familles savent qu’il faut fouiller régulièrement le site internet de la Ville à l’affût d’un avis pour s’assurer qu’une rue ne sera pas construite dans sa cour? Combien de projets de rues, de constructions, de déboisement, ont été approuvés sans questionnement, car discutés à l’insu des citoyens?», se demande Jean-Marc Daigle.

À Charlesbourg, le conseiller Vincent Dufresne réitère que la démarche est conforme, ajoutant toutefois être «en contact avec les citoyens concernés. Je les informe au fur et à mesure. Je ne veux pas commenter publiquement, mais je travaille sur le dossier», dit-il.

Si l’élu assure «travailler pour les citoyens», il a également précisé que les ouvertures de rues ne sont pas matière à consultation publique.

Pour joindre le groupe de citoyens opposé au projet: picardp648@gmail.com. Une pétition circule également. Cliquez ici pour y accéder.

Québec Hebdo

 

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