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14:27 2 novembre 2020 | mise à jour le: 2 novembre 2020 à 14:57 temps de lecture: 3 minutes

Tout n’a pas été fait pour éviter la mort de David Bluteau

Tout n’a pas été fait pour éviter la mort de David Bluteau
Photo: (Photo Google Streetview)David Bluteau était un élève brillant qui ne voulait vraisemblablement pas être pénalisé en demandant des accommodements.

Décès. Les circonstances de la mort de David Bluteau, 16 ans, en octobre 2018 lors d’un cours d’éducation physique à la Polyvalente de Charlesbourg ont été analysées par la coroner Monique Tremblay. Celle-ci note que l’école semble s’être dissociée du problème de santé de David, dont elle était pourtant avisée, en lui laissant la responsabilité entière de sa condition et que le cours d’éducation physique n’a pas été adapté à sa problématique, malgré les recommandations des médecins, entre autres. La famille, quant à elle, poursuit le Centre de services scolaires pour un montant de 650 000$, selon ce que révèle le Journal de Québec.

Dans le document récemment rendu public, on apprend que David Bluteau, 16 ans, souffrait d’un problème cardiaque depuis sa naissance, une cardiomyopathie hypertrophique asymétrique, ainsi que d’une paralysie cérébrale de type diplégie spastique.

La première constatation de la coroner Monique Tremblay indique que même si l’école était dotée d’un défibrillateur externe automatisé (DEA), personne ne l’a utilisé en attendant l’arrivée des secours après le malaise de David. Mme Tremblay recommande aussi d’ajuster les exigences de certaines formations, particulièrement en éducation physique, afin qu’un élève ayant des limitations de santé connues puisse se faire évaluer différemment.

Dans l’analyse, la coroner Monique Tremblay met en évidence le fait que la situation de santé de David était connue de l’école et des professeurs, que les parents du jeune homme avisaient l’école au début de chaque année du problème et effectuaient une mise à jour régulièrement.

«Bien que le cardiologue de David n’ait pas demandé qu’il cesse toute activité physique, il précisait cependant qu’il ne devait pas y avoir d’intensité. Par ailleurs, la physiatre de David avait transmis un document à l’école l’avisant qu’il était irréaliste d’attendre que celui-ci performe au même niveau que les jeunes de son âge dans les activités de motricité grossière liées à la course, l’équilibre et les sports. Ce médecin avait alors recommandé que les activités physiques de l’école soient adaptées à la situation de David en suggérant que celui-ci soit évalué en fonction de ses efforts», peut-on lire dans le rapport. Selon Mme Tremblay, rien n’indique que les exigences en éducation physique ont été adaptées à la situation de santé de David.

Des manquements

La coroner indique également que la condition préexistante de David n’explique pas à elle seule son décès.

Pour la coroner, l’école n’a pas tenu compte de la santé de David. «Selon les informations au dossier, l’école semble s’être dissociée du problème en laissant la responsabilité à David, sous prétexte que celui-ci connaissait ses problèmes et était capable de les gérer. Si David avait décidé de ne pas participer à une activité qu’il jugeait trop exigeante pour lui, quelle aurait été la conséquence au niveau de ses notes? Sûrement qu’il aurait été pénalisé alors je crois qu’il n’avait pas vraiment le choix dans de telles circonstances, il devait suivre le groupe puisqu’il n’y avait aucune alternative pour lui», fait valoir Mme Tremblay dans son rapport.

Au moment d’écrire ces lignes, le Centre de services scolaires des Premières-Seigneuries n’avait pas répondu à nos demandes d’entrevue.

 

 

 

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