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10:21 14 juillet 2019

Assassinée à Charlesbourg, son visage parcourt le Québec pour retrouver son meurtrier

Assassinée à Charlesbourg, son visage parcourt le Québec pour retrouver son meurtrier
Photo: (Photo gracieuseté)

VISIBILITÉ. Depuis quelques jours, le visage de Guylaine Bélanger, assassinée à Charlesbourg en 2006, est visible sur les routes de la province puisqu’un transporteur de la Beauce a installé des affiches de personnes disparues sur 30 de ses remorques. Depuis le mois d’avril, Transport Gilmyr, un transporteur de Montmagny, a installé des affiches de personnes disparues ou assassinées dont l’affaire n’a pas été résolue par les services de police.

C’est le cas de Guylaine Bélanger, tuée de plusieurs coups de couteau dans son appartement de Charlesbourg dans la nuit du 11 au 12 février 2006. Aucun indice connu n’a pu jusqu’à présent mener l’enquête policière vers un suspect potentiel, en dépit du fait que les fréquentations de la victime laissaient supposer des allées et venues fréquentes dans son appartement.

Depuis le 12 février 2018, 30 affiches de victimes différentes ont été créées et apposées sur des camions ou de semi-remorques. Stéphane Luce en est l’instigateur. Le président de Meurtres et Disparitions Irrésolus du Québec (MDIQ) a travaillé quelques années comme répartiteur chez un transporteur. «Voir reculer ces grosses portes blanches a fait en sorte que l’idée a germé», a-t-il indiqué. M. Luce approche les compagnies en leur demandant si un projet de visibilité pour les victimes les intéressent. Il tente de choisir les compagnies qui se retrouvent dans un corridor intéressant.

Miser sur une confidence plus facile

Stephane Luce n’a pas averti la police de l’initiative, parce qu’il dit travailler pour les familles des victimes et à leur demande. «Les familles avisent habituellement les policiers de l’intention», explique-t-il. À la question, pourquoi, si le but est d’aider l’enquête, ce n’est pas le numéro de la police qui est inscrit sur les affiches? M. Luce répond que le projet vient de MDIQ et que si l’association veut connaître les résultats de leur projet, ils doivent y aller de cette façon. «Nous avons beaucoup de difficultés à ramasser les fonds. Et nous misons sur le fait que les ceux qui veulent parler le feront plus facilement envers un organisme à but non lucratif. Dans le cas de Guylaine Bélanger, les gens ont eu 13 ans pour parler aux policiers, alors maintenant nous les invitons à nous donner de l’information», indique-t-il. La seule affiche qui porte le numéro de la Sûreté du Québec est celle de Mélissa Blais car sa disparition date de moins de deux ans.

Déjà des appels

Stéphane Luce a fait valoir que plusieurs appels avaient déjà été reçus, dont un très sérieux. «Le corps de police en a été avisé par écrit immédiatement. […] Nous ne dévoilons aucune information aux familles. Celles-ci devront communiquer avec les enquêteurs pour obtenir éventuellement des informations», fait-il valoir.

La Sûreté du Québec prudente

«On encourage toute forme d’initiative qui pourrait faire avancer les dossiers d’enquête, souligne Hugo Fournier, porte-parole pour la SQ. Mais ce que l’on préfère, c’est que toutes les informations soient colligées au même endroit afin qu’on l’achemine à l’enquêteur responsable». Le porte-parole affirme que toutes les informations, aussi minimes soient-elles, sont analysées au peigne fin et qu’elles peuvent être confidentielles.

M. Fournier indique qu’il ne commentera pas l’initiative de Meurtres et disparitions irrésolus du Québec en particulier et qu’il n’a pas de chiffres pour confirmer que des organismes de ce genre auraient transmis à la SQ les informations recueillies. «De toute façon, c’est confidentiel», explique-t-il.

Le Charlesbourg Express a tenté à plusieurs reprises de rejoindre un proche de Guylaine Bélanger sans succès.

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