Communaute
14:07 15 juin 2007 | mise à jour le: 15 juin 2007 à 14:07 Temps de lecture: 5 minutes

Coup de chapeau à deux filles d’ici

Parmi les lauréates nationales du concours «Chapeau, les filles!» de la région de la Capitale Nationale/Chaudière-Appalaches dévoilées récemment, deux d’entre elles proviennent du secteur desservi par le BEAUPORT EXPRESS; Annie Turmel de Sainte-Anne-de-Beaupré et Amélie Plante de Beauport qui ont mérité chacune une bourse de 2 000$.

C’est pour valoriser les métiers traditionnellement masculins adoptés par des femmes que le gouvernement du Québec et de nombreux partenaires ont tenu la dernière édition du gala national de ce concours. Lors de la présentation de cette soirée reconnaissance, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, s’est dite impressionnée par la qualité des candidatures des lauréates. «Il est important de saluer et de mettre en valeur le choix de carrières de ces femmes afin d’en inciter d’autres à opter elles aussi pour une profession stimulante traditionnellement plus masculine».
Étudiante au programme d’ébénisterie au Centre de formation professionnelle de Neufchâtel, Annie Turmel voulait déjà faire ce métier à l’âge de 13 ans, mais on lui a refusé ce choix. « Pourquoi? parce que j’étais une fille. Ce jour-là, j’ai été tellement offusquée que j’ai abandonné l’école! », se rappelle la lauréate.

Beaucoup de courage

Vingt-sept ans plus tard, elle s’apprête enfin à réaliser son rêve. Il lui a toutefois fallu beaucoup de courage. « L’obstacle le plus important a été ma mise à niveau. Pour réussir mes matières de base, j’ai dû suivre 26 cours. Ça me faisait très peur! ». Mais après 18 ans comme gérante du département de location de la station de ski Mont Sainte-Anne, Annie avait la bougeotte. Au bout de trois semaines d’orientation dans un centre local d’emploi, elle a réalisé que l’ébénisterie était toujours sa vocation. « Pour moi, c’est plus qu’imaginer, façonner et fabriquer des meubles, dit-elle. C’est aussi cajoler et fignoler le bois ». Financièrement, Annie ne pouvait toutefois pas se permettre trois ans et demi d’études et a ainsi dû boucler sa formation en un temps record de deux ans et demi, à raison de 80 heures par semaine. Son conjoint a lui aussi mis les bouchées doubles en travaillant 12 jours sur 14 jusqu’à tout récemment. Et fini le cellulaire, Internet, les vacances et la deuxième auto. « Inutile de dire que mes deux ados ont hâte de me voir retourner au travail! Ils peuvent toucher du bois, c’est pour bientôt!» En plus de la bourse 2 000 $ obtenue au gala, Mme Turmel en avait remporté auparavant deux autres de 1 000 $ et 500 $ au niveau régional.

Détermination et force de caractère

Gagnante d’un prix Excelle Science, Amélie Plante étudie en Aménagement et environnement forestiers à l’Université Laval. Motivant et sans chichi! Voilà comment elle qualifie son milieu de travail.
Cette future ingénieure forestière ne redoute pas plus la compagnie des hommes… que celle des mouches noires! En amour avec la forêt depuis son plus jeune âge, Amélie a décroché son baccalauréat en avril. «Ma grande détermination et ma force de caractère m’ont permis de cheminer dans ce domaine typiquement masculin, dit-elle. Pendant ma formation et mes emplois étudiants, j’ai appris à y évoluer tout en restant moi-même».
À la fois rigoureuse, pleine d’humour et experte dans l’art de répondre du tac au tac, Amélie n’a pas mis longtemps à se faire accepter par ses collègues. «On ne doit pas essayer d’être la meilleure, conseille-t-elle. Il faut simplement leur montrer qu’on est comme eux et avoir un esprit d’équipe». Une stratégie qu’elle applique également en dehors des heures de cours ou de travail. « Mieux vaut aller prendre une bière avec tout le monde le vendredi après-midi que de rester dans son coin. Quand on est en minorité, il faut s’adapter à son milieu, et non l’inverse! ». Consciente qu’il faut du tempérament pour embrasser une carrière traditionnellement masculine, Amélie n’est pas avare de ses encouragements. Elle a plus d’une fois aidé des compagnes à mieux accepter les critiques des hommes et à ne pas les méjuger. « Il faut cesser de les mettre dans le même panier, insiste-t-elle. Ils ne sont pas tous machos! ».

Un site Internet pour briser l’isolement

C’est pour briser l’isolement souvent ressenti par les femmes minoritaires dans des domaines à prédominance masculine qu’un site Internet a été mis en ligne. Ce site permet d’entrer en contact avec les lauréates des années antérieures qui ont accepté de partager leur expérience de formation ou de travail dans des domaines traditionnellement masculins. On peut y lire les portraits d’une quarantaine de cybermentores issues de formations très diversifiées ou les joindre à l’adresse suivante : http://www.mels.gouv.qc.ca/cybermentores.

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