Communaute
16:23 26 octobre 2015 | mise à jour le: 26 octobre 2015 à 16:23 temps de lecture: 3 minutes

Des organismes communautaires inquiets face à l’austérité

ACTION COMMUNAUTAIRE. En faire plus avec toujours moins. Plusieurs organismes communautaires de l’arrondissement de Beauport ont souligné dernièrement leur inquiétude face au climat d’austérité régnant au Québec qui rend difficile de maintenir leur autonomie à travers toutes les exigences des bailleurs de fonds.

C’est le constat dressé par les représentants des organismes Intègr’action jeunesse, Ressources familiales la Vieille Caserne de Montmorency, Cuisine collective Beauport et Beau Port d’attache qui ont participé au café-causerie tenu par la Corporation de développement communautaire de Beauport (CDCB), dans le cadre de la Semaine nationale de visibilité de l’action communautaire autonome (ACA).

«Cet événement avait pour but de mettre en valeur le travail effectué par les 4000 organismes d’ACA au Québec. Il s’agit pour un organisme membre d’émerger de sa communauté, y prendre vie avec les gens, pouvoir choisir librement sa mission, ses pratiques et ses orientations. Tout cela, dans le but de répondre aux besoins de la population et d’atteindre une visée de transformation sociale, d’améliorer les conditions de vie des gens en les mettant au cœur du processus d’action», souligne Isabelle Descôteaux, agente de développement à la CDCB.

Une pratique collée à la réalité du milieu

Dans le contexte actuel d’austérité et d’incertitude face à leur financement, les organismes ont exprimé leurs craintes et leur vision de la situation, ainsi que les valeurs qui font vibrer les travailleurs du communautaire et les poussent à en faire toujours plus avec moins pour répondre aux besoins des gens.

Réunis dans les locaux de Cuisine collective Beauport, les participants ont affirmé qu’il allait de soi que leur pratique se doit d’être axée sur les besoins des gens et collée à la réalité du milieu. «Les intervenants ont dit qu’il était essentiel d’être à l’écoute des gens, sinon les actions s’effectuent dans le vide et n’ont pas de sens pour eux. L’implication des membres est primordiale et l’on souhaite qu’elle soit encore plus importante, même si ce n’est pas toujours évident», note Mme Descôteaux.

Faire preuve de créativité et d’imagination

Selon Mme Descôteaux, user des compétences des gens du milieu et les mettre en évidence constitue l’une des nombreuses forces des organismes d’ACA. «Leur participation au sein des organismes qu’ils fréquentent est une façon de s’intégrer à la communauté, puisqu’il s’agit souvent de personnes vivant des situations difficiles, se trouvant un peu en marge et n’étant pas confortables avec la façon de faire habituelle. Cela permet de leur redonner du pouvoir et de prendre conscience des capacités qu’ils possèdent et qu’ils ont parfois oubliées».

Pour plusieurs intervenants, il n’est pas toujours évident de concilier les orientations de l’organisme et les critères et demandes des bailleurs de fonds. Il faut faire preuve de créativité et d’imagination pour parvenir à maintenir l’équilibre entre le respect de sa mission et les exigences des partenaires financiers.

«C’est ce qui fait la force du milieu communautaire et de ses travailleurs, la capacité de se débrouiller et de faire preuve de flexibilité dans le contexte actuel de plus en plus demandant. Ce n’est pas tout le monde qui est fait pour travailler dans le communautaire, mais quand on a la flamme, cela va de soi», conclut Mme Descôteaux.

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