Société
15:05 8 janvier 2015 | mise à jour le: 8 janvier 2015 à 15:05 temps de lecture: 3 minutes

En croisade contre la vitesse et l’alcool au volant

COMMÉMORATION. Elle avait 14 ans; une jolie blonde qu’on qualifiait de gentille et sociable. Un certain 7 janvier après le souper, elle est partie avec son copain. Elle n’est jamais rentrée. Ce sont plutôt des policiers qui sont venus cogner à la porte de la maison familiale vers 21h30 pour annoncer le pire. Il y a eu un accident. Le conducteur roulait à 130 km/h dans une zone de 50 et il dépassait .08; Kim est morte. C’était il y a cinq ans. Aujourd’hui sa mère, Linda Hains, profite de ce bien triste anniversaire pour lancer un message: «Ne prenez pas le volant si vous avez bu et ne conduisez pas trop vite. C’est votre vie et celle de vos amis qui sont en jeu».

Cinq ans après la mort de sa fille, Linda Hains souhaite que ce terrible événement serve à quelque chose. «Il n’y a pas de bonne raison de mourir à 14 ans. La seule chose que je peux concevoir, c’est que ce soit pour donner l’exemple et sauver des vies. Et j’ai l’impression que de là-haut Kim m’encourage et me dit « vas-y maman! »», explique Mme Hains.

La Boischateloise originaire de Beauport n’aurait pourtant pas cru pouvoir un jour tenir ce discours. Les années qui ont suivi le décès de sa fille cadette ont été une période sombre marquée par la douleur. «La vie s’est comme arrêtée. J’ai crié, j’ai pleuré et après, je ne sais plus rien. Sauf quelques exceptions, on surmonte la mort. Mais ça ne veut pas dire qu’on n’y a pas pensé. J’ai été trois ans sans travailler. J’ai été absente dans la vie de mon autre fille. Je n’étais pas là pour elle. Je n’étais plus là, j’en voulais au monde entier. C’est long cheminer dans ça», raconte-t-elle.

Passer au travers pour la cause

Puis, elle a décidé de faire sienne la cause de la prévention de l’alcool au volant et des excès de vitesse. D’abord sur les réseaux sociaux où elle profite de chaque occasion pour le rappeler aux jeunes –beaucoup des amis de Kim la suivent toujours sur Facebook– puis dans les médias. «Quand j’ai une occasion je leur dit de faire attention à eux, de ne pas prendre de risques, d’être prudents», explique-t-elle simplement.

Difficile de dire si son message porte mais Linda Hains a malgré tout espoir que sa cause soit entendue. «Je me dis que ne serait-ce qu’une personne à qui je dis de faire attention et que ça la fait réfléchir, j’ai peut-être sauvé une vie. J’entends des jeunes parler de chauffeur désigné et je trouve ça merveilleux. Ils sont plus sensibilisés.»

Mme Hains a également un message aux parents. «Le plus beau cadeau qu’un parent peut se faire, c’est un abonnement annuel à des services comme Tolérance zéro. Il n’y a pas de prix pour la vie. Comme parents, on a un rôle à jouer là-dedans. Les jeunes ne doivent pas avoir peur de demander de l’aide s’ils ont bu. Ils ne doivent pas se sentir jugés», croit-elle.

Depuis cinq ans, Linda Hains n’emprunte plus l’avenue Saint-David. Jamais. Sauf le 7 janvier. Aujourd’hui, elle ira se recueillir sur les lieux de l’accident pour dire encore une fois à sa fille «Je t’aime, Kim».

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