Politique
13:23 8 juin 2010 | mise à jour le: 8 juin 2010 à 13:23 Temps de lecture: 5 minutes

Pierre-Stanislas Bédard, figure de la démocratie canadienne

Quand on pense à un illustre patriote du Québec, un premier personnage nous vient immédiatement à l’esprit, Louis-Joseph Papineau. Ce que plusieurs Québécois ignorent cependant, c’est que bien avant lui un avocat de Charlesbourg, Pierre-Stanislas Bédard, avait commencé à tracer le chemin pour la défense des droits des Canadiens français. Une nouvelle émission de la série «Figures de la démocratie» diffusée sur le Canal de l’Assemblée nationale retrace la vie de ce grand leader parlementaire le lundi soir à 19 h.

Qualifié de pionnier québécois de la liberté d’expression et d’un des premiers champions de la liberté de la presse, Pierre-Stanislas Bédard est un grand oublié de la mémoire parlementaire québécoise. Aucune plaque ou monument, aucun lieu public ne rappelle sa mémoire dans la capitale. Ce n’est qu’en 2006 que la Ville de Québec a donné son nom à une rue du secteur de Charlesbourg où il est né.

Selon le bibliothécaire et historien à l’Assemblée nationale, Gilles Gallichan, Bédard a contribué à donner forme et contenu à la pensée politique du Bas-Canada en enrichissant par ses réflexions et ses actions le débat public de son époque.
«S’il est aujourd’hui oublié, Bédard fut néanmoins estimé par ses contemporains. Après sa mort, en 1829, il devint le premier parlementaire québécois à être honoré d’une statue. Celle-ci fut réalisée en 1833 par l’artiste sculpteur Pierre Chasseur et exposée au parlement. Elle disparut mystérieusement toutefois après 1837 et ne fut jamais remplacée. L’année 2010 marque le bicentenaire de la saisie de la presse du journal «Le Canadien», de l’emprisonnement de Bédard et de sa réélection par une population qui lui conservait sa confiance contre un pouvoir infiniment plus puissant. C’est pour ces raisons qu’en décembre 2008, la Société du Patrimoine politique du Québec (SOPOQ) a proposé à l’Assemblée nationale de souligner en 2010 le souvenir de Bédard. Il convient en effet de rappeler sa contribution aux premières expressions de la démocratie parlementaire québécoise et de reconnaître le courage d’un député qui a subi la prison pour la défense des droits politiques de ses concitoyens et des principes fondamentaux de la constitution», souligne l’historien.

20 ans député de Montmorency-Charlevoix au Conseil législatif

Né à Charlesbourg en 1762 et issu de l’une des plus anciennes familles du Québec, laquelle a d’ailleurs fourni une douzaine de représentants à l’Assemblée depuis 1792, Pierre-Stanislas Bédard fait partie de la première cohorte de députés élus en 1792. Il sera membre pendant 20 ans de la Chambre d’assemblée du Bas-Canada où il représente le comté de Northumberland qui couvrait le territoire de Beauport à Charlevoix jusqu’à Tadoussac.
En mars 1810, avec une douzaine de députés et de personnes associées à son journal, il est emprisonné par le gouverneur James Craig qui l’accuse de « pratiques traîtresses », mais qui lui refuse obstinément le procès qu’il réclame. Aux élections générales de 1810, les citoyens de Verchères le réélisent dans sa prison, sans qu’il ait fait, et pour cause, une seule apparition publique. Libéré en avril 1811, il revient siéger au Parlement, mais démissionne en décembre 1812, lorsqu’il est nommé juge par le successeur de Craig, le gouverneur George Prévost, en guise de dédommagement pour l’injustice subie. Il eut toute sa vie des problèmes de santé liés à cet emprisonnement. Il présidera la cour de district de Trois-Rivières jusqu’à sa mort survenue le 26 avril 1829.

Son histoire à l’écran

L’année 2010 marque le bicentenaire de l’emprisonnement de Bédard et de la saisie de la presse du «Canadien». La série «Figures de la démocratie» produite par l’Assemblée nationale du Québec et réalisée entièrement par une équipe de la Direction de la diffusion des débats profite de l’occasion pour lui consacrer une émission de 30 minutes sur le canal 11 (Vidéotron) et 148 (Bell Express Vu) le lundi soir à 19 h.
«Cette série a déjà produit deux autres émissions, l’une consacrée à Henri Bourassa et l’autre à Maurice Duplessis. Elles sont disponibles dans le site de l’Assemblée nationale (assnat.qc.cq/fr/video-audio). Nous sommes actuellement en production pour une émission sur le droit de vote des femmes. Dans nos projets, nous prévoyons réaliser des émissions, notamment, sur Arthur et Paul Sauvé, Louis-Joseph Papineau, les 125 ans de l’Hôtel du parlement et les 140 ans de la Tribune de la presse», précise le réalisateur Pierre Morissette de Charlesbourg.
Fait à noter, une exposition sur Pierre-Stanislas Bédard et la crise parlementaire de 1810 se tiendra à la Bibliothèque de l’Assemblée nationale jusqu’au 7 septembre. Quant à son buste, on le retrouvera dans le hall entre le Salon rouge et le Salon bleu.

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