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14:35 10 mai 2016 | mise à jour le: 10 mai 2016 à 14:35 temps de lecture: 5 minutes

De l’équithérapie pour gérer ses émotions

ÉQUITATION THÉRAPEUTIQUE. Neuf élèves de classe CPS (cheminement pédagogique et social) de l’école de l’Harmonie ont pu profiter cette année de séances d’équithérapie. Les élèves, ayant des troubles de comportement, ont pu canaliser leurs émotions, développer leurs habiletés sociales et travailler leur concentration en montant les chevaux et en apprenant à travailler avec eux.

Une fois par cycle, les jeunes de 9 à 13 ans, participent à ces séances d’équithérapie au Domaine L’autre monde, à Sainte‐Brigitte-de-Laval. Au départ, c’est la directrice de l’école de l’Harmonie qui en a soumis l’idée car elle avait déjà vu ce projet ailleurs. Par la suite, Mélissa Bégin, enseignante de la classe CPS, a fait des démarches pour avoir les subventions nécessaires et la demande a été acceptée. «Les séances ont lieu les jours plein où il n’y a pas d’éducation physique, question de faire bouger les jeunes et qu’ils soient plus actifs», explique Mélissa Bégin.

La classe CPS (cheminement pédagogique et social) est un service de bout de ligne de la Commission scolaire pour les élèves ayant des troubles de comportement qui ont du mal à rentrer dans le cadre d’une classe régulière. Ces jeunes font face à des problèmes tels que des difficultés d’adaptation ou des troubles comportements, anxiété et d’autres problématiques associées.

Les élèves étaient conscients dès le départ qu’ils allaient faire de l’équithérapie pour travailler des habiletés sociales: la concentration, le contrôle des émotions et des comportements, l’entraide et l’attention.

Une évolution impressionnante

«On constate une belle évolution au niveau du contrôle des émotions, du respect entre eux, vraiment, on sent de l’entraide et de la coopération. Au début le respect était difficile dans la classe, ici il y a beaucoup de calme et de contrôle. Ils ont vraiment progressé», confie leur enseignante. Lors de la première séance, certains élèves étaient craintifs et avaient peur, mais au fil des séances, ils ont réussi à vaincre leurs difficultés.

«Quand les élèves sont aptes, ils intègrent le «régulier» et cette année, on a eu cinq belles intégrations à temps plein, fait savoir Mme Bégin, non sans fierté. William c’est mon plus bel exemple, quand je l’ai connu ça lui tentait plus ou moins de venir à l’école, puis au fur et à mesure avec l’équithérapie, j’ai senti une augmentation et là il commence son intégration dans une classe régulière».

Un des jeunes avait de la difficulté à gérer ses émotions. Selon son enseignante, il se fâchait beaucoup quand son cheval ne l’écoutait pas, et l’animal lui a appris à se contrôler. «On est ensuite capable de reproduire ça dans la classe. Je lui ai dit: pense à ce qui est arrivé avec le cheval pendant la période d’équithérapie, quel moyen tu as pris [pour t’en sortir], il est capable de faire un transfert pour utiliser ses stratégies en classe aussi», fait valoir Mélissa Bégin.

Le fait de se concentrer sur la technique, diriger le cheval et se considérer l’autre et son cheval (les consignes sont de s’annoncer auprès de l’animal, et le flatter après l’avoir monté, entre autres) font en sorte que les élèves ont gagné en confiance en eux. Lysanne Rioux, orthopédagogue et instructeure en équitation thérapeutique dirige leurs séances et leur fixe un objectif à chaque fois. Selon elle, les jeunes ne sont plus du tout les mêmes à la 8e séance qu’ils étaient la première fois qu’elle les a rencontrés.

La parole aux élèves

«J’aime monter sur les chevaux, les brosser, en prendre soin. J’aime monter Varicelle [nom du cheval]parce que c’est un défi pour moi parce que des fois elle écoute pas, pis j’aime ça avoir des défis. Ça m’aide beaucoup à me contrôler et à prendre mes moyens [une fois dans la classe]», déclare Thomas, 11 ans.

«Ça m’a beaucoup aidée pour mon intégration au régulier, mon attitude est beaucoup plus positive, ça me motive pour venir à l’école», confie Laurie, 11 ans.

«Ce que j’aime c’est que les chevaux sont comme nous autres, ils ont besoin d’être rassurés et qu’on prenne soin d’eux, ils sont comme nous c’est ce que j’aime», a confié William à son enseignante.

Le projet a pu se concrétiser grâce aux contributions de la Fondation des Premières‐Seigneuries et de la Caisse populaire Desjardins de Beauport. Mélanie Racine, technicienne en éducation spécialisée dans la classe et Mélissa Bégin espèrent pouvoir reconduire l’activité thérapeutique l’année prochaine.

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