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18:11 31 juillet 2011 | mise à jour le: 31 juillet 2011 à 18:11 temps de lecture: 4 minutes

Messe émotive autant sur le parvis que dans l’église

L’émotion à fleur de peau, la grogne et la frustration étaient palpables sur le parvis et à l’intérieur de l’église Saint-Grégoire-de-Montmorency cet avant-midi. D’un côté, plus d’une centaine de manifestants pacifistes ont envahi le parvis afin de protester contre la fermeture du bâtiment culte. À l’intérieur, des centaines de croyants invités à assister à la dernière célébration eucharistique ont tenté d’écouter le célébrant malgré tout.

De nombreux citoyens ont répondu à l’appel de la Corporation de sauvegarde de l’église Saint-Grégoire-de-Montmorency. «Les gens ont profondément mal de ce qui s’est passé. Ils n’ont pas été respectés», confie un des trois marguilliers présents, Gaétan Plante. Venues manifester afin que l’église ne soit pas désacralisée, les personnes présentes ont chanté et fait connaître leur mécontentement à l’aide d’affiches. La peine et la colère se côtoient. Le deuil de l’église semble bien loin d’être fait.

«Voir fermer l’église, ça fait mal au cœur», a lancé Lisette Gauthier. À ses côtés, Denis Landry invite la Ville de Québec à investir. «Que la ville vienne mettre de l’argent à Montmorency. On fait partie de Québec. Peut-on en avoir un peu pour notre village», fait-il valoir.

À cette question, la conseillère du District de la Chute-Montmorency, Julie Lemieux, répond que la Ville est active dans ce dossier. «La Ville ne veut pas acheter, confirme-t-elle. On veut travailler avec des promoteurs. Présentement, on évalue les travaux à faire pour la garder en état. Quand on aura les chiffres, on verra ce que l’on peut faire.» Cette dernière est venue assister à la dernière messe, une façon pour elle d’appuyer ses «concitoyens pas nécessairement pour le culte» puisque la décision revient au Diocèse de Québec, mais pour qu’elle demeure vivante grâce à un projet social, communautaire ou culturel.

À l’intérieur

«C’est triste de fermer une église, mais il n’y avait plus de capacité à payer», commente une dame qui œuvre dans le milieu pastoral, Élise Touchette. Cette dernière se fraie un chemin afin d’assister à la dernière célébration eucharistique présidée par Mgr Paul Lortie accompagné du curé de la paroisse Bienheureuse-Marie-Catherine-de-Saint-Augustin, Raynald Côté. Selon Mme Touchette, la transformation aurait dû avoir lieu il y a une vingtaine d’années. «C’est une page qui se tourne. L’église n’est pas seulement des pierres. Ça a mobilisé les citoyens. Je les comprends», conclut-elle.

Le brouhaha causé à l’extérieur par les manifestants a perturbé le début de la messe. Les policiers ont refoulé les personnes ayant des affiches à la main. «On ne veut pas de pancartes à l’intérieur», a expliqué le directeur des communications du Diocèse de Québec, Jasmin Lemieux-Lefebvre. Malgré l’agitation les célébrants ont ignoré les opposants. «Ça ne me dérange pas vraiment [les manifestants]. C’est l’expression de la démocratie. Je ne peux par leur demander d’être content de la fermeture», ajoute le président du conseil de la fabrique, Louis-Philippe Hébert, posté à la porte. La cérémonie a été marquée par un témoignage de Roger Savard. L’homme a rappelé les grands pans de l’histoire de l’église.

La décision de fermer l’église Saint-Grégoire-de-Montmorency a été prise en avril 2009 par les autorités diocésaines. Les croyants de Saint-Grégoire-de-Montmorency sont invités depuis plusieurs mois à assister à la messe à l’église Saint-Louis de Courville.

Deux vidéos sont en ligne: à voir Chant d’accueil et brouhaha pendant la messe

Aussi mis en ligne aujourd’hui: diaporamas et Après l’église, une école

Lire aussi: Manifestation pour sauver l’église de Saint-Grégoire de Montmorency  et Une dernière messe 

Beauport Espress, membre du Groupe Québec Hebdo

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