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17:00 26 décembre 2017

Beauport 2020 contesté par Nature Québec

Le prolongement du port de Québec à Beauport semble être accueilli à bras ouverts par la communauté économique. La situation est toutefois différente avec les groupes environnementaux dont Nature Québec et son directeur-général Christian Simard.

500 000 conteneurs pourraient passer par le port annuellement avec l’agrandissement.

Photo TC Media – Jean Carrier

«Premièrement, le plan n’est plus le même qu’au départ. On était supposé avoir un scénario avec 1/3 de vrac solide, 1/3 de vrac liquide et 1/3 de marchandise en conteneurs. On passe à un nouveau scénario où il y aurait seulement des conteneurs. Ce n’est vraiment pas ce qui était prévu initialement. »

La solution est simple pour l’environnementaliste. «Je ne comprends pas pourquoi on n’essaie pas de réparer nos installations actuelles qui tombent en décrépitude plutôt que de prolonger le port. Aucun propriétaire de maison n’essaierait de construire un rallongement qui rapporterait de l’argent pour ensuite faire des réparations à sa maison en ruine. En plus, on ne règle pas le problème de la pollution de l’air actuel. C’est loufoque ! »

Pour l’homme qui est en poste depuis 2007, il existe une seule façon de procéder. « Il faut reprendre le processus depuis le début avec un panel plus rigoureux de l’agence canadienne d’évaluation environnementale. C’est un tout nouveau plan qui mérite de se faire réétudier depuis le début. »

Les principales inquiétudes pour Nature Québec résident dans le fait que la zone visée par le prolongement du port est une zone de grande bio-diversité. Plusieurs habitats d’oiseaux et de poissons seraient menacés. Il y a aussi une inquiétude au niveau de la contamination par les sédiments.

Vision différente

Mario Girard, le président-directeur-général du port de Québec, voit les choses avec un œil différent. «Premièrement, on n’a jamais dit que la première version du projet serait définitive. On a dit que c’était la meilleure pour évaluer l’ensemble des enjeux. C’est ce qu’on a fait et on peut maintenant affirmer que la meilleure solution est celle des conteneurs. »

Le pdg ,en place depuis 2008, est convaincu que le prolongement va amener une pérennité économique qui servira à réparer les installations actuelles. « Présentement, le port est à pleine capacité, et le secteur de Beauport est le seul endroit où l’eau a une profondeur de 15m, ce qui est cruciale pour pouvoir mener à bien le projet. Je n’ai aucun doute que, dans 20 à 25 ans, on va pouvoir dire qu’avec ce rallongement, la meilleure décision a été prise pour le port de Québec. »

Enjeux environnementaux

En discutant avec le cadre de l’administration portuaire, on s’aperçoit rapidement qu’il connaît bien les enjeux environnementaux que son plan peut avoir. « On ne prendra aucune chance avec des changements qui bouleverseraient l’équilibre environnemental. On travaille fort pour pouvoir laisser les choses dans un meilleur état après le chantier qu’avant. Nous négligeons rien de ce côté-là ! »

Il est important de mentionner que le port de Québec fait présentement face à un recours collectif en raison de la poussière qui semble provenir du port de Québec. Cette bataille juridique fait l’objet d’un documentaire nommé Bras de fer qui vient de remporter un prix à l’international. M. Girard n’a pas voulu commenter sur le recours collectif, mais avait quand même ceci à dire sur le documentaire. «J’aurais au moins aimé pouvoir donner l’avis du port sur le sujet, mais on n’a pas jugé bon de nous consulter. »

Peu importe de quel côté on se situe sur le sujet, l’agence canadienne d’évaluation environnementale aura le dernier mot quand elle déposera son rapport final en 2018. 

Le prolongement du port est estimé à 400 millions de dollars.

Photo TC Media – Jean Carrier

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